Histoire à méditer

Pour débattre de sujets philosophiques ou bouddhistes.

Re: Histoire à méditer

Messagede Bhikkhus » Ven 17 Aoû 2012 15:12

Les cailloux blancs et noirs

Il était une fois un homme appelé Drakhen ; confiant en le dharma, il souhaitait changer son comportement et pratiquer. Il demanda conseil à son lama, qui lui dit d’être très attentif à ce qu’il faisait : lorsqu’il observait une attitude négative, il devait l’abandonner et mettre sur un tas un petit caillou noir et il devait, à l’inverse, lorsqu’il constatait une attitude positive, la cultiver et mettre sur un autre tas un petit caillou blanc.

Au début, il y eut un gros tas de cailloux noirs et très peu de cailloux blancs. Puis, au fur et à mesure qu’il persévérait dans son attention à abandonner les attitudes négatives et à cultiver les attitudes positives, les deux tas devinrent égaux. Et, finalement, il n’y eut pratiquement plus que des cailloux blancs.

Moralité de l'histoire : ce sont que l’attention et la vigilance ouverte qui nous permettent de changer nos comportements.

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Re: Histoire à méditer

Messagede Phurba » Ven 17 Aoû 2012 22:00

Merci pour toutes ces petites histoires Bhikkhus. Ca éclaire bien des choses... ;)
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Re: Histoire à méditer

Messagede Bhikkhus » Jeu 30 Aoû 2012 10:54

Tonglen

Ce que je vous propose à présent n’est pas vraiment une histoire, en revanche il y a matière à méditer.
Selon les paroles de Shantideva :

Qui veut promptement sauver et soi-même et les autres, doit pratiquer le grand secret :
L’échange de soi et d’autrui (tonglen)

Pour expliquer très simplement cette pratique de tonglen (signifiant donner et recevoir), cela consiste à prendre sur soi la douleur et la souffrance des autres et à leur donner notre bonheur, notre bien-être et la paix de notre esprit.

Ce grand secret de la pratique de tonglen est connu des maîtres spirituels et des saints de toutes les traditions. Le vivre et l’incarner, dans l’abandon et la ferveur d’une sagesse et d’une compassion véritables, est ce qui emplit de joie leur existence. Mère Teresa (rayonnant l’essence de tonglen) est une figure contemporaine qui a consacré sa vie au service des malades et des mourants et qui rayonne cette joie de « donner et recevoir ». Il est certainement très difficile de découvrir une déclaration plus inspirante à propos de l’essence spirituelle de tonglen que ses propres paroles :

* * *

Nous avons tous l’ardent désir d’être avec Dieu dans son royaume, mais il est en notre pouvoir d’être dans son royaume avec Lui en cet instant. Cependant, être heureux avec Lui, maintenant, signifie :

Aimer comme Il aime,
Aider comme Il aide,
Donner comme Il donne,
Servir comme Il sert,
Sauver comme Il sauve,

Etre avec Lui chaque heure et chaque seconde,
Le rejoindre là où Il a pris les apparences de la détresse.

* * *

Un amour aussi universel que celui-ci a guéri les lépreux de Géshé Chekhawa, pourrait peut-être également nous guérir d’une maladie plus dangereuse encore : celle de notre ignorance qui, vie après vie, nous a empêché de réaliser la nature de notre esprit et, par conséquent, d’atteindre la libération.

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Re: Histoire à méditer

Messagede Bhikkhus » Ven 31 Aoû 2012 21:42

Liens fragiles

Un dompteur de cirque parvient à dresser un éléphant en recourant à une technique très simple : alors que l’animal est encore jeune, il lui attache une patte à un tronc d’arbre très solide. Malgré tous ses efforts, l’éléphanteau n’arrive pas à se libérer. Peu à peu, il s’habitue à l’idée que le tronc est plus fort que lui. Une fois qu’il est devenu un adulte doté d’une force colossale, il suffît de lui passer une corde au pied et de l’attacher à un jeune arbre. Il ne cherchera même pas à se libérer.

Comme ceux des éléphants, nos pieds sont entravés par des liens fragiles. Mais, comme nous avons été accoutumés dès l’enfance à la puissance du tronc d’arbre, nous n’osons pas lutter. Sans savoir qu’il nous suffirait d’un geste de courage pour découvrir toute notre liberté.

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Re: Histoire à méditer

Messagede Bhikkhus » Ven 7 Sep 2012 22:03

Celle qui s’en remet à la joie

Au temps du Bouddha vivait une vieille mendiante appelée "Celle qui s'en remet à la joie". Elle regardait les rois, les princes et les gens du peuple qui venaient faire des offrandes au Bouddha et à ses disciples; elle aurait tant voulu faire de même!

Elle alla donc mendier mais, à la fin de la journée, elle n'avait reçu qu'une toute petite pièce. Elle se rendit alors chez le marchand pour essayer d'acheter un peu d'huile, mais il lui dit qu'elle ne pouvait guère espérer acheter quelque chose avec si peu d'argent. Cependant, quand elle lui eut expliqué qu'elle voulait faire une offrande au Bouddha, il eut pitié d'elle et lui donna l'huile demandée.

Elle emporta cette huile au monastère et alluma une lampe, qu'elle plaça devant le Bouddha en faisant ce vœu : "Je n'ai rien d'autre à offrir que cette petite lampe, mais puissé-je, par cette offrande recevoir dans le futur la grâce de la lampe de sagesse. Puissé-je libérer tous les êtres de leurs ténèbres. Puissé-je purifier ce qui les aveugle et les conduire à l'éveil."

Cette nuit-là, les autres lampes s'éteignirent après avoir consumé toute leur huile. Seule la lampe de la mendiante brûlait toujours quand Maudgalyayana, un disciple du Bouddha vint les enlever à l'aube.

Lorsqu'il aperçut cette lampe encore allumée, pleine d'huile, avec sa mèche toute neuve , il se dit : "il n'y a aucune raison pour que cette lampe continue de brûler en plein jour" et il souffla pour l'éteindre. Mais elle continuait à brûler! Il essaya de la moucher avec ses doigts mais elle brûlait toujours!

Le Bouddha qui observait la scène depuis le début, lui dit :

"Maudgalyayana, tu veux éteindre cette lampe ? Tu n'y parviendras pas. Tu ne pourrais même pas la déplacer, comment pourrais-tu l'éteindre ? Si tu versais l'eau de tous les océans sur cette lampe, elle brûlerait encore. L'eau de toutes les rivières et de tous les lacs du monde ne saurait l'éteindre. Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que cette lampe a été offerte avec ferveur, avec un cœur et un esprit purs. Cette motivation l'a rendu extrêmement bénéfique."

Quand le Bouddha eut prononcé ces paroles, la mendiante s'approcha de lui; il prophétisa alors qu'elle deviendrait, dans les temps futurs, un bouddha parfait, appelé "Lumière de la lampe".

C'est donc notre motivation, bonne ou mauvaise, qui détermine le fruit de nos actions.

(Extrait de la bienveillance du livre tibétain de la vie et de la mort de Sogyal Rinpoché).
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Re: Histoire à méditer

Messagede Bhikkhus » Sam 29 Sep 2012 22:02

L’Empereur et l’Ermite

Il était une fois un Empereur qui demanda à son peuple de répondre à une question qui l’empêchait de dormir. Telle était la question :

- Quelle est la plus importante chose à faire à tout moment ?

Les réponses arrivèrent nombreuses et très diverses mais aucune ne donna satisfaction à l’Empereur. Après réflexion, il décida d’aller voir un sage Ermite qui vivait dans les montagnes de son empire.

Il se déguisa en pauvre paysan car l’Ermite ne recevait aucune personne riche. Il arriva à la demeure du sage, seul, sans escorte.

Le sage Ermite était en train de bêcher un carré de jardin et cette tâche était pénible car il était vieux. Lorsqu’il vit un étranger s’approcher, il le salua et continua à travailler.

L’Empereur lui posa alors la question :

- Quelle est la plus importante chose à faire à tout moment ?

L’Ermite l’écouta et se remit à bêcher. L’Empereur lui proposa de bêcher à sa place et le sage accepta pour se reposer un peu.

Au bout de quelques heures, l’Empereur arrêta son travail et reposa la question une seconde fois. L’Ermite ne répondit toujours pas à sa question. L’Empereur alors lui dit que s’il n’était pas en mesure de lui donner de réponse, qu’il le dise.

Le sage leva la tête et demanda à l’Empereur s’il n’entendait pas quelqu’un qui courait dans leur direction. Un homme avec une grande barbe blanche venait vers eux en pressant de ses deux mains une blessure au ventre.

L’Ermite et l’Empereur secoururent le malheureux, le soignèrent et le portèrent dans la hutte pour qu’il puisse dormir.

La nuit passa vite car tous les trois étaient épuisés : le vieil homme par sa blessure, l’Empereur et l’Ermite par leur travail. Au petit matin, le vieil homme se réveilla et demanda pardon à l’Empereur.

- Mais qu’avez-vous donc fait qui mérite d’être pardonné ? demanda le monarque.

Le vieil homme expliqua qu’il voulait tuer l’Empereur car lors d’une dernière guerre, il avait perdu son frère et tous ses biens. Il avait alors décidé de se venger aujourd’hui car il avait appris qu’il voyageait sans escorte. Mais la garde de l’escorte l’avait reconnu et avait tenté de le tuer.

- Vous m’avez sauvé la vie alors que j’ai voulu vous tuer. J’éprouve une grande honte mais aussi une reconnaissance infinie. Accordez-moi votre pardon Majesté !

L’Empereur le lui accorda et lui promit de faire restituer ses biens et fit envoyer son propre médecin pour s’occuper de lui jusqu’à sa guérison complète.

Le souverain décida de poser une dernière fois la question qui le tourmentait depuis longtemps.

- Mais vous avez déjà la réponse ! dit l’Ermite.

- Comment cela ?

- La chose la plus importante à faire est de rendre heureuse la personne qui est à vos côtés, car cela seul est la recherche de la vie.

Lev Nikolaïevitch Tolstoï.
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Re: Histoire à méditer

Messagede Bhikkhus » Ven 4 Jan 2013 17:17

:arrow: On trouve un peu disséminées dans le Mahâbhârata, un certain nombre de fables. La plupart d'entre elles se trouvent dans le Livre XII : Bhîshma enseigne à Yudhishthira sur les devoirs d'un roi, et ne dédaigne pas illustrer de fables certains de ses propos. De la même façon que Jean de La Fontaine, la majorité de celles-ci ont des animaux comme personnages.

Le Chameau au long cou

Yudhishthira : Que doit faire un roi, qui le rende heureux ? Dis-moi tout cela en détail, toi qui connais si bien le devoir.

Bhîshma : Eh bien, voilà, je vais te le dire ! Écoute l'unique résolution à prendre par un roi sur ce qu'il doit faire, et qui le rende heureux. Il suffit de ne pas se comporter à la manière du chameau, telle que nous l'avons entendue raconter. Sache-le, Yudhishthira !

Un chameau de grande taille vivait à l'âge de Prajâpati, se souvenant de ses existences antérieures. Rigoureux dans ses observances, il se soumit à une très grande ascèse dans la forêt. À la fin de son ascèse, le seigneur. Brahmâ, satisfait de lui, lui accorda un voeu.

Le chameau : Seigneur, fais-moi la faveur d'allonger mon cou, de telle sorte qu'il puisse couvrir une bonne centaine de lieues.

Bhîshma : Le glorieux Brahmâ lui dit, dans sa générosité : "Qu'il en soit ainsi !", et le chameau, comblé, retourna dans sa forêt. À cause de ce don, cet insensé devint paresseux et, sotte victime de son destin, ne songea plus à marcher pour se déplacer.

Un jour qu'il avait allongé son cou de cent lieues, pour n'avoir pas à se fatiguer, un vent violent se leva. L'animal, alors, abrita sa tête et son cou dans une grotte. Alors qu'il s'y trouvaient encore, une pluie torrentielle survint, inondant la terre. Un chacal, transi de froid, affamé et épuisé, meurtri par l'orage, se réfugia avec sa femme dans cette grotte. Et ce carnassier, tourmenté par la faim et la fatigue, vit alors le cou du chameau et y mordit à pleine dents !

Quand le chameau prit conscience qu'il se faisait dévorer, affolé, il essaya de rétracter son cou, mais il avait beau le remuer de bas en haut, le chacal et sa femme ne le lâchaient pas pour autant. Après avoir tué et dévoré le chameau, le chacal, dès que la pluie cessa, sortit de la grotte. Et c'est ainsi que ce chameau stupide trouva la mort ! Vois l'effet désastreux de sa paresse !

Quant à toi, renonce à cette manière d'agir ! Maîtrise tes sens par l'exercice spirituel . Manu a dit que la victoire a pour racine l'intelligence ! Ce que l'on accomplit par l'intelligence est ce qu'il y a de mieux, ce que l'on accomplit avec les bras est moyen, ce que l'on accomplit avec les jambes ne vaut pas grand chose, ce que l'on accomplit en portant des fardeaux ne vaut rien.

Un roi qui est habile, qui maîtrise parfaitement ses sens, qui sait mener des délibérations secrètes et s'entoure de bons amis, son royaume est stable, ô roi vertueux. Ceux qui agissent avec circonspection conservent leurs biens. Avec de bons amis, on peut gouverner la terre entière ! Les sages érudits ont conté autrefois cette histoire, O roi dont la puissance égale celle d'Indra, et je te l'ai enseignée de même, car je connais les traités. Sois prêt, toi aussi, à la mettre en pratique, ô roi.

:)
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Re: Histoire à méditer

Messagede Bhikkhus » Sam 25 Mai 2013 10:56

Ce que nous subissons le plus dans le monde.

Ce n’est pas la difficulté. C’est le découragement de la surmonter.

Ce n’est pas l’épreuve. C’est le désespoir face à la souffrance.

Ce n’est pas la maladie. C’est la terreur de la subir

Ce n’est pas le parent malheureux. C’est la tristesse de l’avoir dans le groupe familial.

Ce n’est pas l’échec. C’est l’obstination de ne pas reconnaître ses propres erreurs.

Ce n’est pas l’ingratitude. C’est l’incapacité d’aimer sans égoïsme.

Ce n’est pas sa propre petitesse. C’est la révolte contre la supériorité des autres.

Ce n’est pas l’injure. C’est l’orgueil blessé.

Ce n’est pas la tentation. C’est la volupté d’en expérimenter les attraits.

Ce n’est pas la vieillesse du corps. C’est la passion pour les apparences.

Comme il est facile de percevoir, le pire, dans la solution de tout problème, c’est la charge d’afflictions que nous créons, que nous développons et que nous alimentons contre nous-mêmes.

:arrow: Chico Xavier (Medium)
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Re: Histoire à méditer

Messagede Phurba » Sam 25 Mai 2013 13:21

Je trouve que c'est quand même jouer sur les mots ces phrases...

Par exemple : "Ce n’est pas l’injure. C’est l’orgueil blessé". C'est bien l'injure qui est pénible car elle blesse l'orgueil... Et par ailleurs on mettrait bien des baffes à la personne qui nous a injurié au passage... :roll: J'ai dit une connerie ?
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Re: Histoire à méditer

Messagede Bhikkhus » Sam 25 Mai 2013 15:49

Phurba a écrit:C'est bien l'injure qui est pénible car elle blesse l'orgueil... [...] J'ai dit une connerie ?
Ouaiiis...Une bonne tarte de temps en temps... :lol:

Mais néanmoins, qui de l'orgeuil ou de l'injure est le plus tenace ? L'injure du moment, passagère et plus où moins rapidement atténuée ou l’orgueil ? Cette attribution à ses propres mérites de qualités que l'on n'a pas. Cette opinion très avantageuse (le plus souvent bien exagérée), qu'on a de sa valeur personnelle (aux dépens de la considération due à autrui). Orgueil qui, à la grande différence de la fierté, n'a nul besoin de se mesurer à l'autre ni de le rabaisser.

Je me permet humblement de rajouter que l'on pourrait penser que le seul et unique moyen de contrer l’orgueil est l’humilité, or, le moyen de contrer l’orgueil, c’est l’esprit d’Eveil.
:D
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Re: Histoire à méditer

Messagede Bhikkhus » Lun 26 Aoû 2013 11:38

Ma part du travail

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! » Et le colibri lui répondit :« Je le sais bien, c'est peu, mais je fais ma part. »

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Re: Histoire à méditer

Messagede Bhikkhus » Jeu 12 Sep 2013 16:42

Vide & invisible

L’espace est vide : il est, par définition, immatériel et invisible.
Si, cependant, on vous demande : « Avez-vous vu l’espace ? », vous répondez : « Oui, bien sûr ! »
Le dialogue pourrait se poursuivre ainsi :
- Ah bon ? Et où est-il ?
- Là, diriez-vous en pointant un doigt vers le ciel.
Pourtant, ce que vous prétendez avoir vu et pouvoir montrer est invisible.

C’est un exemple que le Bouddha donne dans les enseignements de la perfection de connaissance (Prajna-paramita). « L’espace est invisible, dit-il. Pourtant les êtres disent l’avoir vu. Qu’ont-ils vu ? Ils lèvent simplement le doigt pour désigner ce qui n’a en fait aucune existence matérielle. »
De même pour l’esprit, il est invisible, mais les mots sont le doigt qui en indique la direction.

Extrait de « L'Aube du Mahamudra »
Bokar Rimpoché
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Re: Histoire à méditer

Messagede Bhikkhus » Ven 27 Sep 2013 14:45

Les quatre maximes

Les quatre maximes puisées dans un ensemble de préceptes bouddhiques appelés « préliminaires lojong » s’utilisent pour créer une recherche de liberté totale qui ne peut être obtenue sans une étude véritable du Dharma. Lorsque nous atteignons le cœur de ces affirmations, une attitude authentique de renonciation affleure notre esprit et nous voyons la Réalité pure, débarassée du « Moi ».

La vie est précieuse ;
La mort vient sans prévenir ;
Le karma ne peut être évité ;
L’égocentricité est source de tous les maux.

:arrow: Le livre de la médecine tibétaine.
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Re: Histoire à méditer

Messagede Bhikkhus » Lun 9 Mar 2015 10:37

Le maître du silence

Un moine zen qui s'était baptisé lui-même "le maître du silence", était en réalité un mystificateur qui n'entendait rien au zen. Pour mieux duper les gens, il avait à son service deux moines éloquents qui répondaient pour lui aux questions qu'on lui posait, tandis que lui-même n'ouvrait jamais la bouche, comme pour justifier son nom.

Un jour, alors que ses acolytes étaient absents, il reçut la visite d'un moine pèlerin qui lui demanda :
- Maître, qu'est-ce que le Bouddha ?
Ne sachant que faire ni que dire, le pseudo "maître du silence" regarda dans toutes les directions, cherchant ses complices.
Le pèlerin, apparemment satisfait, lui demanda alors :
- Maître, qu'est-ce que le dharma ?
Toujours aussi embarrassé, notre homme leva les yeux vers le plafond puis les baissa vers le sol, appelant à son aide le ciel et l'enfer.
Le pèlerin demanda encore :
- Maître, qu'est-ce que la sangha ?
"Le maître du silence" se contenta de fermer les yeux.
Le pèlerin lui demanda enfin :
- Maître, qu'est-ce que la grâce ?
Abandonnant tout espoir, le "maître du silence" ouvrit les bras en signe de capitulation.
Sur quoi le moine pèlerin s'en alla, manifestement enchanté de sa visite.

En cours de route, il rencontra les deux acolytes du "maître du silence" et il se mit à leur parler de lui en termes enthousiastes. Voici ce qu'il leur dit :
Je lui ai demandé ce qu'était le Bouddha, et aussitôt il s'est tourné vers l'est et vers l'ouest pour me faire entendre que les humains cherchent sans cesse le Bouddha là où il n'est pas.
Ensuite, je lui ai demandé ce qu'était le dharma, et pour me répondre il a regardé vers le haut et vers le bas, me signifiant ainsi que la vérité du dharma est un tout, où il ne faut faire aucune discrimination entre le haut et le bas, la pureté et l'impureté y étant également partagées.
Pour répondre à ma question, sur la sangha, il a fermé les yeux sans rien dire, me rappelant ainsi le fameux dicton : "Celui qui peut fermer les yeux et dormir profondément dans les gorges profondes des montagnes, celui-là est un grand moine".
Enfin, en réponse à ma dernière question : "Qu'est-ce que la grâce ?" Il a ouvert les bras et m'a montré ses deux mains, pour me faire comprendre que la grâce est une bénédiction guidant les êtres sur le chemin de la vie...
Oh! Quel maître éclairé! Et que son enseignement est profond !

Lorsque les deux moines furent rentrés, le "maître du silence" les gourmanda vivement. - Où donc traîniez-vous encore ? Leur dit-il. Il y a une heure, un pèlerin qui m'a accablé de questions m'a mis dans un embarras mortel, où j'ai failli perdre ma réputation !
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Re: Histoire à méditer

Messagede Pan » Lun 9 Mar 2015 15:29

Mais ! :lol:

Sinon, j'ai beaucoup aimé "Vide et invisible". Bokar Rinpoche a vraiment le don pour expliquer les choses simplement.
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Re: Histoire à méditer

Messagede Bhikkhus » Jeu 9 Juil 2015 16:01

Une tsa-tsa et beaucoup d’éveil

Il était une fois un homme qui, animé d’une motivation pure, construisit une petite tsa-tsa (une sorte de stupa miniature en argile, modelé dans un moule et consacré). L’acte positif que fut la confection de cette tsa-tsa établit une connexion qui le conduisit vers l’éveil. Lorsqu’elle fut achevée, il la déposa au bord de la route.

Un passant la vit et, animé d’une motivation également pure, jugea impropre de la laisser ainsi sur le bord de la route, exposée à tout venant ; il la plaça donc sur un mur. Ce geste positif effectué avec cette motivation fut pour lui aussi une cause d’éveil.

Un troisième personnage vint à passer. Il pleuvait, et il pensa qu’il serait dommage que cette tsa-tsa soit détruite en restant exposée à la pluie ; aussi, avec une motivation extrêmement pure, pour la protéger, il la couvrit avec une vieille chaussure qui se trouvait là. Ce geste-là fut, pour lui encore, une cause d’éveil.

Puis, quelqu’un d’autre arriva, et toujours avec un état d’esprit très positif, estima que poser une vieille chaussure sur un objet aussi sacré qu’une tsa-tsa était vraiment inconvenant et indigne ; il enleva donc la chaussure. Ce geste fut, une fois encore, une cause d’éveil.

***
Cette histoire illustre simplement que notre attitude intérieure, notre motivation, est déterminante en toute circonstance. C’est cette motivation juste qu’il faut apprendre à cultiver quoi qu’il arrive. Avec elle, toutes les situations deviennent sources de pratique, sources d’éveil et moyens de progrès spirituel.

Belle journée.
:P
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