Art : Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

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Art : Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Namkhaï » Dim 18 Mar 2012 20:58

Bon je crois qu'elle méritent un petit post. Un petit post CHACUNE. Rikikis ces posts d'ailleurs, comme vous allez le voir... ;)

Je voulais donc vous présenter les cinq statues qu'il me reste, sur les sept que j'avais en plus d'un stûpa. Les deux manquantes ainsi que le stûpa ont dû être dérobés entre 2009 et 2011, quand j'étais en France. Il s'agit d'Avalokiteshvara et de Tara.
Je prie donc avec tout mon coeur pour que la personne les ayant pris n'aie aucun retour de négativité, et pour se faire je lui en ai fait don, qui qu'il soit et où qu'il soit.

Toutes ces statues ont été emplies de mantras, encens, textes, perles, et autres "remplissages traditionnels" que l'on appelle "ramné" en tibétain (je ne connais pas l'orthographe de ce mot donc j'en donne juste la prononciation), ainsi que peintes et décorées, au monastère de Loseling, par mon ami lama Yönten Gyamtso.
Ensuite, elles ont toutes été consacrées par Sa Sainteté le 14è Dalaï-Lama du Tibet en personne. Autant dire qu'être ne serait-ce qu'en présence de l'une d'elles est une chose assez incroyable.

Je vais donc débuter ma série de cinq posts, dans l'ordre de gauche à droite de mon autel, avec une photo de la statue, puis la définition de Philippe Cornu recopiée du Dictionnaire Encyclopédique du Bouddhisme (Ed. Seuil), dans son intégralité.
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Messagede Namkhaï » Dim 18 Mar 2012 21:00

1) Varjapani
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01 - phyag na rdo rje.jpg
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Vajrapani (TIB. Phyag na rdo rje)
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"Celui qui tient en main le Vajra", le Bodhisattva de l'énergie ou du pouvoir de l'Eveil, associé à Avalokitesvara (compassion) et à Manjusri (sagesse) dans la triade des "protecteurs des trois familles" (SK. trikulanatha, TIB. rigs gsum mgon po), et faisant partie des huit fils proches. Spécialement chargé de la transmission des trantras parmi les êtres humains, on l'appelle "le Seigneur des mystères" (SK. Guhyapati, TIB. gsang ba'i bdag po).
Au Tibet, Vajrapani est habituellement représenté sous deux formes.
La première est une forme paisible bleue, debout ou assise en posture de délassement, tenant le Vajra de sa main droite dressée devant son coeur et la tige d'un lotus utpala de la gauche. On l'assimile souvent à Mahasthamaprapta.
La seconde, comme celle de cette photo, est une forme couroucée dont l'aspect est celui d'un yaksa (TIB. gnod sbyin) bleu sombre, jambes fendues vers la droite, brandissant un Vajra de la dextre et tenant un lacet dans la main gauche, entouré de flammes.
Il éxiste aussi une forme appelée Acala Vajrapani avec une tête, quatre bras et quatre jambes, piétinnant des démons, avec épée, Vajra, corde et coupe crânienne, et la forme dite Vajrayaksa, avec son ou ses visages à cinq yeux, paisible ou terrible.
Au Japon, dans le Shingon, on assimile Vajrapani à une forme dynamique de Mahavairocana et on l'identifie parfois à Vajrasattva. Il est représenté paisible, assis sur un lotus avec un visage à trois yeux, tenant vajra à cinq pointes et clochette. Il est vert ou bien jaune clair.
A signaler, une curieuse représentation de Vajrapani retrouvée en Sérinde, en Asie centrale, sous les traits d'Héraklès recouvert d'une peau de lion, témoin d'un syncrétisme gréco-indien.
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Messagede Namkhaï » Dim 18 Mar 2012 21:01

2) Vajrasattva
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02 - rdo rje sems dpa'.jpg
02 - rdo rje sems dpa'.jpg (936.74 Kio) Vu 14766 fois



Vajrasattva (TIB. rdo rje sems dpa')
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"L'Etre Adamantin", forme assimilée au bouddha Aksobhya, prend une grande importance dans le vajrayana tibétain et népalais. Il est la personnification de la pureté fondamentale de l'esprit, l'aspect immuable et indestructible du diamant faisant de lui le bouddha de confession, de purification et de guérison par excellence.
Il est le "chef du mandala", c'est-à-dire qu'il condense en lui seul les cent déités paisibles et courroucées du mandala du Filet d'illusion (SK. Mayajala, TIB. sgyu 'phrul dra ba), et quelques tantras du Mahayoga portent le nom de "Filet d'illusion de Vajrasattva" (SK. Vajrasattvamayadjalatantra, TIB. rdo rje sems dpa' sgyu 'phrul dra ba'i rgyud).

Au centre de la pratique de Vajrasattva figure le mantra dit des cent syllabes (TIB. yig brgya), qui possède une grande puissance purificatrice.
Il est dit dans le Tantra de confession immaculée : << Le mantra de cent syllabes est la quintessence de l'esprit de tous les sugata purifiant de toute déterioration et rupture, de tout voile conceptuel. C'est la confession suprême. Récité cent huit fois de suite, il répare toutes les déterioration et ruptures, et délivre de la chute dans les trois mondes inférieurs. Le yogi qui en fera sa pratique quotidienne sera, de son vivant, considéré par tous les bouddhas des trois temps comme leur suprême fils, et ces derniers le protégeront. A sa mort, n'en doutez pas, il deviendra l'aîné des fils des sugata >> (cité dans Patrül Rinpoché, Le Chemin de la grande perfection, éd. Padmakara, 1997).

Ce mantra est :
OM VAJRASATTVA SAMAYAM ANUPALAYA VAJRASATTVA TVENOPRATISTHA DRIDDHO ME BHAVA SUTOSYO ME BHAWA SUPOSYO ME BHAVA ANURAKTO ME BHAVA SARVA SIDDHI ME PRAYACCHA SARVA KARMA SUCA ME CITTAM SRI YAM KURU HUM HA HA HA HA HO BHAGAVAN SARVA TATHAGATA VAJRA MA ME MUNCA VAJRI BHAVA MAHASAMAYASATVA A.
Ce qui signifie : << Om, Louange au lien sacré de Varjasattva ! O Vajrasattva, protégez le lien sacré, puissiez-vous demeurer fermement en moi, donnez-moi complète satisfaction, croissez en moi, soyez bienveillant, accordez-moi tous les accomplissements, montrez-moi tous les karma, rendez mon esprit bon, vertueux et de bon augure, HUM (essence du coeur de Vajrasattva) HA HA HA HA (les quatre transmissions de pouvoir, les quatre joies et les quatre corps) HO (exclamation de joie), ô Bienheureux qui personnifiez tous les tathagata de diamant, ne m'abandonnez pas, accordez-moi la réalisation de la nature de vajra, grand être du samaya, faites-moi un avec vous (A) >> (d'après Düdjom Rinpoché).

Dans cette pratique, qui fait partie des préliminaires extraordinaires (TIB. thun mongs ma yin pa'i sngon 'gro) du Vajrayana, le yogi visualise Vajrasattva blanc très brillant au-dessus de sa tête sur un siège de lotus et de lune, paisible et souriant, paré de tous les ornements du sambhogakaya. Il tient un vajra d'or dans la main droite, debout devant son coeur, et une clochette d'argent dans la gauche, appliquée contre sa hanche. En récitant le mantra, le méditant invoque l'esprit de sagesse de la déité. Un flot d'ambroisie fluide et lumineux s'écoule de Vajrasattva, pénètre dans le corps par l'orifice de Brahma au sommet de la tête, et purifie ses blocages, ses souillures et brisures de voeux et de samaya, ses empreintes karmiques et ses maladies physiques. Toutes ces souillures sont entraînées par le nectar, s'écoulent sous terre où elles sont offertes à Yama, la mort sous l'aspect d'un buffle rouge.
Outre cette pratique, de nombreux sadhana, des rituels de confession tels que les Na-rag dong-sprugs, "rituels de confession qui extirpent les racines des enfers", et des pratiques liées à la mort, lui sont consacrés.
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Messagede Namkhaï » Dim 18 Mar 2012 21:03

3) Shâkyamuni
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A noter : la robe de cette statue est gravée de tous les événements de la vie du Bouddha. On peut d'ailleurs distinguer l'accouchement de la reine Mâyâdevi

03 - Shakya Thubpa.jpg
03 - Shakya Thubpa.jpg (859.81 Kio) Vu 14766 fois


Shâkyamuni Buddha (SK.), TIB. Sha'kya thub pa
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"Sage des Sakya", nom donné dans le Mahayana au Bouddha historique, Siddhartha Gautama, fils d'un souverain du clan des Sakya. Dans le canon pâli de la tradition theravâdin, on le trouve presque toujours mentionné sous le nom de Gotama et non sous celui de Shâkyamuni.

=> DATES DE LA VIE DU BOUDDHA
Les dates de la vie du Bouddha varient selon les sources, mais toutes sont d'accord sur le fait que le Bouddha vécut quatre-vingts ans.
Selon la chronologie tibétaine dite de Phug-lugs, sa naissance remonterait à 961 av. J.-C. et son parinirvâna à 881 av. J.-C.
Selon la tradition chinoise ancienne de Folin, suivie par les écoles japonaises Jôdo-shinshû et Nichiren-shoshû, ses dates seraient 1061-949 av. J.-C.
Selon les estimations les plus acceptées, notamment dans le Theravâda et en Occident, le bouddha Shâkyamuni serait né en 566 av. J.-C. et son parinirvâna aurait eu lieu en 486 av. J.-C. Cette datation est celle d'Upâli, un Arhat disciple du Bouddha.
Des datations proches, adoptées par L. Renou et J. Filliozat dans "L'Inde classique", donnent 559-478 av. J.-C.
Enfin, les estimations récentes d'érudits japonais, recoupées avec les dernières recherches sur les dates d'Ashoka, donneraient 463-383 av. J.-C.

=> LES BIOGRAPHIES DU BOUDDHA
Le Bouddha naquit à Lumbinî, dans le clan des Shâkya, une haute caste de ksatriya (caste des rois et des guerriers). Fils du roi Suddhodana et de la reine Mâyâdevi encore appelée Mahâmâyâ, il fut nommé à sa naissance Siddhârtha Gautama. On trouve dans la littérature bouddhiste de nombreux récits de sa vie, tant dans les textes theravâdin en pâli (surtout dans la section Vinaya du Canon pâli) que dans ceux des autres écoles anciennes et du Mahâyâna. Parmi eux, le Lalitavistarasûtra des Sarvâstivâdin, le Buddhacarita d'Ashvaghosa et le Nidânakathâ theravâdin nous content en détail sa biographie. Le Mahâparinibbânasutta nous narre en détail la dernière année de sa vie.

=> LES DOUZE ACTES DU BOUDDHA
Dans la tradition indo-tibétaine, la vie du Bouddha est décrite selon douze étapes, "les douze actes du Bouddha" (SK. dvadashabuddhakârya, TIB. mdzad pa bcu gnyis).
1. La descente des cieux Tushita
2. L'entrée dans la matrice.
3. La naissance.
4. L'accomplissement dans les arts mondains.
5. Une vie de plaisirs.
6. Le départ du palais et le renoncement.
7. Les exercices ascétiques.
8. La méditation sous l'arbre de la Bodhi.
9. La défaite des hordes de Mâra.
10. L'atteinte du plein Eveil.
11. La mise en mouvement de la roue du Dharma (l'enseignement).
12. Le passage en nirvâna (parinirvâna).
Dans la tradition theravâdin et sino-japonaise, on ramène le nombre d'actes à huit : descente des cieux de Tushita (JAP. geten), entrée dans la matrice (JAP. takutai), naissance (JAP. shusshô), sortie de la famille (JAP. shukke), victoire sur Mâra (JAP. goma), atteinte de l'Eveil (JAP. jôdô), prédication (JAP. tembôrin) et parinirvâna (JAP. nyûnehan).

1. La descente des cieux Tushita
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Avant sa naissance dans notre monde parmi les êtres humains, le bodhisattva Shvetaketu demeurait dans les cieux Tushita (TIB. dga' ldan) parmi les dieux et les bodhisattva. Après avoir pris la décision de naître parmi les êtres humains, il monta sur le trône, donna un dernier enseignement à l'assemblée des dieux et bodhisattva et plaça sa couronne de précieux joyaux sur la tête du bodhisattva Maitreya, destiné à devenir bouddha après lui. Puis il s'apprêta à quitter Tushita.

2. L'entrée dans la matrice
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Dans le palais du roi Shuddhodana situé à Kapilavastu, dans le Nord de l'Inde, plusieurs signes annonciateurs de la venue d'un grand être se produisirent. Tandis que la reine Mâyâdevi observait un jeûne, ekke rêva qu'elle s'envolait vers les Himalayas et qu'un éléphant royal blanc à six défenses entrait en elle par son flanc droit. A cet instant même, le Bodhisattva fit son entrée dans le monde humain et la terre trembla six fois. C'était le signe, lui dit-on, qu'elle donnerait naissance à un fils exceptionnel : s'il choisissait de demeurer au palais, ce fils deviendrait un monarque univsersel, mais s'il décidait de quitter sa demeure, il atteindrait l'état d'un parfait bouddha.

3. La naissance
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Tandis qu'elle se rendait chez des parents pour y accoucher selon la coutume, la reine Mâyâdevi s'arrêta dans le jardin de Lumbinî. Les signes de la naissance se produisirent et elle enfanta debout, sans douleurs, en se tenant à la branche d'un figuier penché sur elle. Dès sa naissance, le Bodhisattva se tint debout, fit sept pas et s'adressa à chacun des points cardinaux en déclarant : << Je suis né pour l'Eveil, c'est ma dernière naissance en ce monde phénoménal ! >>. Sept jours après sa naissance, la reine mourut.
Alors que le Bodhisattva était encore très jeune, le sage Asita vint à Kapilavastu, reconnut les trente-deux marques majeures et les quatre-vingts signes mineurs d'un grand être (mahâpurusa) sur le corps de l'enfant et renouvela la prédiction selon laquelle l'enfant pourrait devenir monarque universel dans le monde ou bouddha s'il renonçait à cette vie mondaine.

4. L'accomplissement dans les arts mondains
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Sa mère ayant quitté ce monde une semaine après sa naissance, le prince Bodhisattva fut élevé par sa tante maternelle Mahâprajapatî, entouré de tous les égards et bénéficiant des plus grands soins. Il grandit parmi les autres enfants du clan et se révéla être le plus doué d'entre eux. En tant que prince, il fut entraîné dans toutes les disciplines physiques et intellectuelles. Il devint habile dans tous les arts, mais aussi un athlète accompli en archerie et maîtrisa toutes les sciences mondaines telles que la connaissance des langues et des mathématiques.

5. Une vie de plaisirs
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Connaissant la prophétie et craignant que son fils quitte la vie mondaine, le roi Shuddhodana l'entoura de tous les plaisirs et du plus grand luxe. Il prit soin de le protéger de la vue de toute souffrance, si minime soit-elle. Le jeune prince mena ainsi une vie voluptueuse durant toute sa jeunesse et, à seize ans, il fut marié à la princesse Gopâ, la fille de Shâkya Dandapâni, belle entre toutes (on appelle parfois son épouse Yashodharâ, que l'on identifie à Gopâ dans beaucoup de récits).
Avant de lui accorder la main de sa fille, Dandapâni exigea du prince qu'il se soumette à une compétition sportive. Le prince remporta l'épreuve en surpassant tous les athlètes du royaume et déjoua les pièges et intrigues de son cousin Devadatta, jaloux de ses succès.

6. Le départ du palais et le renoncement
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Marié et entouré dans son palais de musiciennes qui << l enchantaient de leur douce voix et de leur badinage >>, le prince était cependant impatient de voir le monde extérieur. Un jour, il ordonna à son cocher de l'emmener dans le parc royal situé à l'extérieur du palais. Le roi avait fait retirer tout spectable affligeant de son chemin, mais les dieux manifestèrent un signe au Bodhisattva.
L'un d'eux prit l'apparence d'un vieillard décrépit et, à sa vue, le Bodhisattva demanda à son cocher : << Ami, qui est cet homme? >> Au prince stupéfait, le cocher expliqua que tout homme subissait la vieillesse. Le prince dit alors : << Honte sur la naissance puisque tous ceux qui naissent doivent devenir vieux ! >>
Lors des deux excursions suivantes, il rencontra un homme malade et un cadavre, et en fut tout autant bouleversé, mais lors de sa dernière sortie, il vit un homme errant parfaitement serein. << Qui est-ce ? >> demanda t-il au cocher. << Seigneur, voici un homme qui s'est retiré du monde. >> Cette vue lui plut et il décida de suivre son exemple. Il avait alors vingt-neuf ans et son fil Râhula venait de naître. Mais sa décision était prise.
Ce soir-là, il s'assoupit parmi ses musiciennes. A son réveil, il les trouva toutes endormies autour de lui : en contemplant leurs corps abandonnés au sommeil, il lui sembla que le riche appartement s'était transformé en un charnier. Juste avant de quitter le palais, il voulut revoir sa femme : dans sa chambre reposait son épouse, la main posée sur la tête de son fils. << Si je soulève la main de ma femme, se dit-il, elle s'éveillera et m'empêchera de partir. Je dois d'abord atteindre l'Eveil puis revenir voir mon fils.>> C'est ainsi qu'afin de trouver une solution à la souffrance et aider tous les êtres, le prince Bodhisattva renonça à la vie princière et aux siens.
Une fois dans la forêt, il quitta ses bijoux et ses habits princiers et dit à son serviteur Khanda : << Rapporte ces bijoux à mon père et dis-lui que, sans ressentiment ni colère, je suis entré dans le bois de l'ascétisme afin de détruire la vieillesse et la mort.>> Avec un rasoir, il coupa ses cheveux en signe de renoncement et revêtit la robe safran des ascètes.

7. Les exercices ascétiques
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Le prince Siddhârtha rencontra le brahmane Arâda Kâlâma qui devint son premier maître. Il apprit les chants védiques et la méditation qui mène à "la sphère du néant", dont il maîtrisa rapidement la technique. Mais il sut qu'il n'avait pas pour autant atteint le coeur de l'Eveil. Arâda lui offrit de partager avec lui l'autorité spirituelle sur ses disciples, mais il déclina son offre et poursuivit sa quête.
Il se rendit alors à Râjagriha auprès d'Udraka Râmapûtra, un maître de yoga qui enseignait une méditation menant à un état de "ni cognition ni non-cognition". Là encore, le Bodhisattva maîtrisa promptement cet état de concentration où la conscience est si subtile qu'elle est pratiquement inexistante. Udraka voulut le prendre pour maître, ce qu'il refusa, conscient de n'avoir pas atteint son but.
Il s'en fut, sur les rives de la rivière Nairanjanâ, pratiquer les austérités. Pendant six longues années, il s'y adonna en compagnie de cinq autres ascètes mendiants, pratiquant des excercices du souffle, restreignant sa nourriture à un grain de riz par jour, et son corps devint faible, émacié et noir, tandis que disparaissaient les trente-deux marques d'un grand être. Même si son esprit était serein, son corps le faisait terriblement souffrir et il décida d'abandonner l'ascétisme, convaincu qu'il n'était pas arrivé au bout de sa quête de la destruction de la souffrance.
A Uruvilvâ, une jeune femme appelée Sujâta le vit méditer sous un arbre et lui offrit un plat de riz. Il l'accepta et revint auprès des cinq ascètes. Outrés, ils lui reprochèrent sa faiblesse et se détournèrent de lui avec mépris. Ayant décidé que les austérités ne sont point la voie qui mène à l'Eveil, il quitta ses compagnons et partit mendier sa nourriture dans les villes. Après s'être nourri et baigné dans la rivière Nairanjanâ, la couleur de sa peau redevint dorée et les marques de son corps réapparurent.

8. La méditation sous l'arbre de la Bodhi
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Il se souvint qu'une fois, avant son départ du palais, il avait éprouvé un état méditatif spontané à la vue d'un laboureur maniant une charrue. Remarquant dans le sillon la multitude des insectes et des vers qui avaient été tués et voyant la fatigue du laboureur, il avait été submergé par la compassion, et son esprit avait atteint le premier dhyâna qui procure paix et félicité. Il résolut de retrouver cet état et de l'utiliser. Voyant là un arbre pipal, il disposa un tapis d'herbes kusha qu'un fermier lui avait offert et vit voeu de méditation au pied de l'arbre jusqu'à l'atteinte de l'Eveil. S'étant assis jambes croisées sur le vajrâsana, le trône de diamant, il y demeura en méditation quarante-neuf jours sans bouger ni manger.

9. La défaite des hordes de Mâra
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Juste avant d'atteindre l'Eveil parfait, le Bodhisattva subit de violentes attaques de Mâra, "le Malin", et livra ainsi son dernier combat intérieur contre l'attachement, la colère, l'ignorance et la foule des passions symbolisées par les armées de Mâra. Mâra lui apparut d'abord sous la forme de Kâma, le dieu de la sensualité armé de flèches et accompagné de ses trois filles désirables. Mais le Bodhisattva demeura imperturbable.
Mâra fit alors appel au sens du devoir d'un prince : << Lève-toi, ô guerrier, suis le Dharma de ta caste, renonce au Dharma de la libération ! Il est inconvenant pour un prince de vivre comme un mendiant ! >> - en vain. Furieux, le Malin lâcha ses troupes hideuses, monstres difformes en tous genres, contre le futur Bouddha. Des ouragans se levèrent. Gnomes grotesques vêtus de serpents, démons au visage grêlé et à la panse énorme, tous lui jetaient des haches, des flèches, des rocs, des brandons enflammés grands comme des montagnes. Mais ces projectiles, arrêtés à mi-course, étaient transformés en une pluie de fleurs par la méditation du Bodhisattva.
Finalement, Mâra s'écria : << Siddhârtha, lève-toi de ce siège qui est mien ! >> Le Bodhisattva répliqua : << Mâra, tu n'as point oeuvré pour la connaissance ni pour le bien du monde ni pour l'Eveil. Ce siège ne t'appartient pas, il est le mien. >> Mâra lui dit alors : << Mais qui portera témoignage de ton Eveil ? >> Le Bouddha toucha alors la terre, disant : << La terre est mon témoin.>> Cette dernière se mit à trembler et la déesse de la terre apparut : << J'en suis témoin ! >> dit-elle. Mâra vaincu, ses armées refluèrent et s'évanouirent.

10. L'atteinte du plein Eveil
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Après la défaite de Mâra, le Bodhisattva retrouva l'état méditatif du premier dhyâna qu'il avait éprouvé autrefois puis parvint graduellement au quatrième dhyâna, un état d'équanimité claire et pure. Au cours des trois veilles de la nuit, il développa les trois sortes de connaissances supramondaines :
- A la première veille, il se rappela toutes ses vies antérieures.
- A la deuxième, il vit le karma de tous les êtres et la ronde de leurs renaissances dans la souffrance.
- A la troisième veille enfin, à l'aube, juste avant le lever du soleil, il réalisa la nature impermanente et conditionnée de tous les phénomènes et atteignit le plein Eveil, l'illumination parfaite d'un bouddha, qu'il exprima par ces simples mots : << Profond, paisible, dénué de complexité, clarté lumineuse incomposée. >>
Pendant une semaine, le Bouddha contempla le sens de sa découverte. Un gros orage survint et Mucilinda, le roi des Nâga, sortit du sol avec ses sujets, enveloppa le corps du Bouddha de ses anneaux et étendit son capuchon au-dessus de sa tête pour le protéger.

11. La mise en mouvement de la roue du Dharma
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Après son Eveil, le Bouddha examina comment il pourrait enseigner son Dharma d'Eveil aux autres, mais il lui parut trop profond et trop subtil pour être compris des Hommes dominés par l'attachement et l'esprit ordinaire. Il se retira dans la forêt et c'est alors que le dieu Brahmâ Sahampâti, connaissant ses pensées, se manifesta à lui : << Je t'en prie, ne demeure pas dans la forêt tel un rhinocéros [...] Tous les Sugata du passé ont accompli leur voeu et mis en mouvement la roue du Dharma immaculé. Fais de même ! >> Il dit et offrit au Bouddha une conque blanche symbolisant le son du Dharma. Le Bouddha accepta et délara : << Les portes de l'au-delà de la souffrance sont ouvertes à tous ceux qui veulent entendre ! >>.
S'étant rendu à Sârnâth, près de Bénarès, au parc des Gazelles, il retrouva ses cinq compagnons d'ascèse. D'abord réticents, ils virent qu'un grand changement s'était produit et l'accueillirent en lui lavant les pieds. Le Bouddha leur annonca par deux fois qu'il était à présent un tathâgata, un "ainsi-allé", et ils acceptèrent d'écouter son enseignement. Pour la première fois, quarante-neuf jours après son Eveil, le Bouddha mit en mouvement pour eux la roue du Dharma en proclamant les quatre nobles vérités.
En entendant la première strophe de l'enseignement, Kaundinya obtint l'oeil du Dharma en faisant l'expérience intérieure de la profonde connaissance intuitive des quatre vérités et devint un ârya. Aussitôt, la nouvelle se répandit chez les dieux que le Bhagavat (Bienheureux) avait mis en mouvement la sublime roue du Dharma et qu'aucun pouvoir ne sautait dès lors l'arrêter.
A la deuxième strophe prononcée par le Bouddha, les quatre autres, Vâspa, Bhadrika, Mahânâman et Ashvajit, réalisèrent aussi la voie de la vision, tandis que Kaundinya obtenait l'état d'arhat.
A la troisième, tous devinrent à leur tour des arhat. Ainsi commença la communauté ou Sangha. D'autres disciples, moines et laïcs, se joignirent au petit groupe et il y eu bientôt 60 arhat autour du Bouddha. Celui-ci les envoya alors répandre le Dharma.
Après avoir mis en mouvement cette première roue du Dharma destinée à établir l'enseignement des quatre nobles vérités, les douze nidâna et la discipline monastique du Vinaya, le Bouddha enseigna pour la deuxième fois à Râjagriha, au pic des Vautours, l'année suivant son Eveil. Selon le Mahâyâna, c'est là que pour la deuxième fois il mit en mouvement la roue du Dharma à l'intention des bodhisattva à l'intellect pénétrant tels que Manjushri et de disciples éclairés tels que Shâripûtra et Subhûti. Pour eux, le Bouddha exposa la prajnâpâramitâ, la "connaissance transcendante" qui a pour objet la vacuité.
Enfin, un an plus tard, à Vaishâli et en d'autres lieux tels que le mont Malaya, toujours selon la tradition du Mahâyâna, le Bouddha fit tourner pour la troisième fois la roue du Dharma, destinée elle aussi aux bodhisattva, et leur révéla la doctrine de la nature de bouddha ou tathâgatagarbha.
Le Bouddha et ses disciples se déplaçaient beaucoup. Parmi les principaux lieux où le Bouddha séjourna et einseigna lors des retraites des saisons des pluies, citons, outre les trois principaux endroits déjà mentionnés, Kapilavastu, Kaushâmbî, Jvâlinî (près de Gayâ) et surtout Shrâvastî où le Jetavana, un jardin offert par un riche marchant parent du Bouddha, Anâthapindada, devint la première demeure stable de la communauté. L'Eveillé y séjourna plusieurs mois par an pendant ses vingt dernières années.
Toute sa vie durant, le Bouddha enseigna sans disctinction aux hommes, aux femmes, au bien-portants et aux malades, aux riches, aux puissants, comme aux indigents, sans aucune considération de caste, inlassablement.
Parmi ses disciples principaux figuraient les deux amis Shâripûtra et Maudgalyâyana, ce dernier étant réputé pour ses pouvoirs supranormaux, Mahâkâshyapa, Râhula, le propre fils du Bouddha, et Ananda, qui devint son fidèle serviteur. Beaucoup d'entre eux atteignirent l'état d'arhat de son vivant, mais Ananda ne l'atteignit qu'après son départ.
Parmi les rois qui furent ses bienfaiteurs et disciples, le roi Prajesanit du Kosala, le roi Bimbisâra du Magadha et son fils Ajâtashartu sont les plus célèbres.

12. Le parinirvâna
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Agé de quatre-vingts ans, à la saison des pluies, le Bouddha contracta une maladie grave. Voyant le désarroi d'Ananda, son fidèle serviteur, le Bouddha déclara : << Qu'espère donc le Sangha, Ananda ? Je vous ai donné le Dharma et je ne suis pas comme ces enseignants qui gardent un poing fermé sur des enseignements secrets >>.
A Câpâlacaitya, près de Vaishâlî, il se repose en compagnie d'Ananda. Il loue la beauté du lieu et ajoute que, si on l'en prie, le Tathâgata peut prolonger sa vie jusqu'à la fin du kalpa. Par trois fois il répète ces paroles, mais Ananda ne saisit pas l'occasion pour l'en prier. Paraissant irrité, l'Eveillé lui demande alors de le laisser seul un moment. Mâra en profite pour lui rappeler sa promesse de s'éteindre une fois le Sangha établi. Le Bouddha accepte donc de quitter la vie et, à cet instant même, la terre tremble, tandis qu'Ananda s'interroge sur les causes de ce phénomène.
Mais rien désormais n'empêchera le Bouddha de quitter ce monde trois mois plus tard. Pour raffermir le courage de ses disciples, il donne un dernier enseignement, résumant le Dharma en trente-sept points. Il y explique que le Sangha dépend du Dharma et non d'un chef spirituel, pas même de lui : << Soyez votre propre lampe, soyez votre propre refuge. Maintenez fermement le Dharma. Ne cherchez pas refuge en dehors de vous-même. Ainsi vous vaincrez les ténèbres >>.
Malgré sa maladie, le Bouddha continua ses pérégrinations pendant trois mois. Un jour, un forgeron nommé Cunda offrit un plat de porc pour le Sangha. Pressentant un danger, le Bouddha ordonna à Cunda de le servir lui seul et d'enterrer le reste du plat. Frappé d'une dysenterie fatale, le Bouddha prit soin de rassurer Cunda afin qu'aucun remords le le tourmente : << Celui qui donne au Bouddha son dernier repas acquiert un grand mérite >>, lui dit-il.
Au petit village de Kushinagara, le Bienheureux s'étendit sur une couche aménagée entre deux arbres sâla en pleine floraison malgré la saison. Une foule de laïcs et de moines et tous les dieux s'assemblèrent, dit-on, pour être témoins de son entrée en nirvâna. Il invita le sangha à confesser ses doutes concernant le Dharma, mais les moines demeurèrent silencieux.
<< Ananda, dit le Bouddha, aucun d'entre eux n'a d'inquiétudes. Tous atteindront l'Eveil, c'est certain >>. Puis il prononça ces dernières paroles : << Tous les phénomènes conditionnés sont sujets à la décomposition. Atteignez la perfection grâce à une pratique diligente ! >>.
Couché sur le flanc droit, il quitta le monde dans un état de profonde méditation et la terre trembla en signe de son parfait accomplissement. Après sept jours de funérailles où les plus grands honneurs lui furent rendus par les princes Malla, le corps du Bouddha fut incinéré et ses reliques furent divisées en huit parts pour être distribuées aux chefs de clans, qui érigèrent huit stûpa pour les contenir.

=> LE BOUDDHA SHAKYAMUNI SELON LE HINAYANA ET LE MAHAYANA
Pour les écoles du Hînayâna comme pour celles du Mahâyana, le Bouddha historique n'est pas le premier ni le dernier bouddha à se manifester sur terre. Il est le septième de la liste dans le Hînayâna, après Kâshyapa, et sera suivi par Maitreya dans le futur. Dans l'Aryabhadrakalpikasûtra mahayaniste, il est le quatrième de cette ère fortunée qui en comptera 1002.
C'est surtout par rapport à la conception de ce qu'est un bouddha que le rôle de Shâkyamuni a été envisagé différemment dans les différents véhicules. Selon le Theravâda, le bouddha Gotama (Shâkyamuni), après de très nombreuses vies consacrées à l'idéal du bodhisattva, a pris une dernière naissance en ce monde où il s'est éveillé pleinement. Il a ensuite montré pendant plus de quarante ans la voie de la délivrance aux êtres humains, avant de quitter définitivement ce monde lors de son parinirvâna, laissant reliques et enseignements (son "corps de Dharma", PAL. dhammakâya) pour les générations de disciples à venir.
Certaines écoles du Hinayâna du courant Mahâsanghika, telles que les Lokottaravâdin, considéraient cependant que la dimension du Bouddha dépassait cette seule dimension humaine et que sa manifestation sur terre n'était qu'un corps spirituel miraculeusement manifesté en ce monde (SK. manomayakâya), le Bouddha lui-même étant de nature supramondaine.
Le pas est franchi dans le mahâyâna avec la doctrine du trikaya, où la manifestation terrestre de Shâkyamuni est un corps d'apparition (SK. nirmânakâya) advenu pour "démontrer" la possibilité de l'Eveil aux êtres de ce monde, corps émané du dharmakâya ou "corps absolu" du Bouddha, celui-ci s'étant déjà éveillé auparavant dans le royaume céleste d'Akanistha, le plus élevé des cieux de la forme pure.
Il n'est pas le seul bouddha à pouvoir oeuvrer pour les êtres, ni la seule manifestation à le faire. Il arrivera même que d'autres bouddhas tels qu'Amitâbha ou Bhaisajyaguru éclipsent Shâkyamuni dans certaines écoles du Mahâyâna sino-japonaises.
Dans le Sûtra du lotus, la dimension historique de Shâkyamuni est nettement transcendée et l'on y affirme que la durée de vie du Tathâgata est inconcevable. Au Tibet, Padmasambhava (TIB. Guru rin po che) sera considéré comme un second bouddha, voire comme une émanation spécifique destinée à diffuser les enseignements vajrayâna, et son rôle dans l'école Nyingmapa tend parfois à égaler celui de Shâkyamuni.
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Messagede Namkhaï » Dim 18 Mar 2012 21:04

4) Manjushrî
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Manjushrî (TIB. 'jam dpal dbyangs)
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Manjushrî, "Douce gloire", ou Manjughosa, "Voix mélodieuse", nom donné à l'un des plus importants bodhisattva du Mahâyâna, qui devint le principe même de la sagesse de tous les bouddhas dans le Vajrayâna.
On lui donne plusieurs autres noms tels que Manjushrî Kumârabhûta, 'le Juvénile", Manjubhadra, Manjusvara ou Vâgishvara, 'Seigneur du verbe". On a voulu voir son prototype dans le brahmane Sanamkumâra manifesté sous l'aspect de Pancasikha, le roi des Gandharva "Aux cinq mèches", qui figure dans le Janavasabhasutta du Canon pâli.
Au sein du Mahâyâna, il devint un interlocuteur privilégié du Bouddha dans certaines Prajnâpâramitâsûtra (comme celle en 700 shloka), le Sûtra du lotus, le Vimalakârtinirdeshasûtra, et le Manjushrînirdeshasûtra (TIB. 'jam dpal gyis bstan pa). Selon Târanâtha, ce serait Manjushrî lui-même, sous l'apparence d'un moine, qui aurait prêché le premier l'Astasâhasrikâ prajnâpâramitâsûtra au Ier s., lors d'une visite à Candraraksita, roi de l'Orissa.
Il prend rapidement de l'ampleur en Inde mais aussi dans tous les pays touchés par le Mahâyâna, et son importance est attestée par diverses légendes. Il aurait parcouru la Chine, y choisissant pour résidence secrète Wutaishan, "la montagne au Cinq Pics", lieu de pèlerinage important.
De Chine, selon le Svayambhûpurâna, il se rendit au Népal pour y vénérer la flamme bleue de l'Adibuddha manifestée sur le lotus d'un lac.
Or ce lieu sacré, Swayambhûksetra, demeurait inaccessible aux pèlerins. De son épée, Manjushrî fendit la montagne au sud du lac et le fleuve Bâghmatî s'engouffra dans la brèche. Lui et ses compagnons parvinrent ainsi à leur but, fondant un sanctuaire au-dessus de la flamme sacrée. Ainsi serait née la vallée de Katmandou, autrefois immergée.
Manjushrî est considéré comme le patron protecteur du Népal ainsi que de la Chine, pays où son culte est également très populaire. Au Népal, on lui consacre une fête le premier jour de l'année et, en Chine, le quatrième jour du quatrième mois lui est voué, ce qui se traduit par un pèlerinage au Wutaishan.
Le Bodhisattva occupe une place prédominante dans l'Aryamanjushrîmûlakalpasûtra (IIIè s.), qui annonce la littérature tantrique à venir. Dans le Vajrayâna, le tantra le plus important le présentant est sans conteste le Manjushrî Nâmasangîti (TIB. 'jam dpal mtshan brjod), "Le Choral du nom de Manjushrî", qui en fait le principe universel de sagesse non duelle de tous les bouddhas et énumère toutes ses qualités ou "noms" en un long poème rythmé de plus de 160 stances. Ce texte ferait partie d'un plus volumineux Manjushrîmâyâjâlatantra (TIB. 'jam dpal sgyu 'phrul dra ba) que nous n'avons pas.
Manjushrî figure dans de nombreux mandala, soit comme déité secondaire, soit comme déité principale, et ses formes sont nombreuses dans le Vajrayâna.
Dans le Mahâyâna, il est le pendant d'Avalokiteshvara et symbolise la sagesse des bodhisattva à côté de leur compassion. Dans le Kriyâtantra, la triade des "protecteurs des trois familles" (SK. trikulanâtha, TIB. rigs gsum mgon po), formée d'Avalokiteshvara, de Manjushrî et de Vajrapâni, symbolise les trois vertus cardinales du bodhisattva : la compassion, la sagesse et l'énergie ou pouvoir. Ces trois bodhisattva en sambhogakâya sont aussi associés à la transmission des tantra.
Ils sont les intermédiaires entre le bouddha primordial et les vidyâdhara et mahâsiddha qui initient les lignées humaines et non humaines, et Manjushrî est plus spécialement chargé de transmettre les tantra dans les domaines divins.
Manjushrî fait également partie du groupe des huit grands bodhisattva appelés "les huits fils proches" (SK. asta upaputra, TIB. nye ba'isras brgyad), groupe lui-même inclus dans de nombreux mandala, tel celui des cent déités paisibles et courroucées. Sous ses multiples aspects paisibles, Manjushrî est pratiqué pour développer la compréhension livresque mais aussi et surtout la sagesse non duelle de la vacuité. En Chine comme au Japon et au Tibet, il est invoqué pour développer les facultés intellectuelles, la mémoire, l'érudition et l'éloquence.
Il éxiste quantité de sâdhana, de louanges et aussi de nombreux mantra consacré à Manjushrî, les deux plus courants étant OM VAHISHVARI MUM et OM ARAPACANA DHI, MUM et DHI étant ses syllabes-germes les plus courantes.
Mais Manjushrî se manifeste aussi sous une forme couroucée, Yamântaka, qui personnifie la sagesse et met fin à la mort - cette inéluctable conséquence de l'ignorance dualisante qui plonge les êtres dans le samsâra.

=> ICONOGRAPHIE DE MANJUSHRI
Elle est abondante, les formes que revêt Manjushrî étant extrêmement variées.

1. Sous son aspect le plus courant
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Que ce soit en Chine, au Japon, au Tibet ou au Népal, on le représente sous les traits d'un adolescent aux cheveux noués en cinq chignons, tenant une épée dans la main droite et une tige de lotus bleu supportant un livre de la Prajnâpâramitâ dans la main gauche.
L'épée flamboyante est le symbole de prajnâ, la connaissance suprême qui pourfend les ténèbres de l'ignorance. Le livre symbolise l'étude, et la connaissance qui en résulte. Il est généralement assis, jambes croisées. Le bouddha Aksobhya peut apparaître dans sa chevelure, indiquant son lien avec la famille vajra.

Sous cette forme classique à un visage et deux bras, il peut prendre plusieurs aspects :
1) Arapacana est la forme jaune safran qui brandit une épée dans la main droite, tandis que, de la gauche, il tient devant son coeur la tige d'un lotus bleu (SK. utpala), ce dernier s'épanouissant au-dessus de son épaule gauche et supportant un volume. Assis en posture de diamant (SK. vajraparyanka), il est entouré de quatre émanations semblables à lui mais de couleurs différentes.
2) Sthiracakra ou Vajratîksna est son nom lorsqu'il est représenté seul.
3) Prajnacakra est son nom quand il est seul, blanc et assis les jambes en posture noble (SK. sattvaparyanka).
4) Jaune safran, rouge ou doré, faisant le geste de l'enseignement, deux lotus bleus au-dessus des épaules, portant respectivement l'épée à droite et le livre à gauche, assis sur un lion tournant la tête ou sur un trône léonin, on l'appelle Vâdirâj (TIB. smra ba'i seng ge), "Roi des controverses" ou "Lion de la parole".
5) Blanc, faisant le geste du don de la main droite et tenant la tige de l'uptala bleu, avec la tête d'Aksobhya dans la chevelure, entouré de huit courroucés, on l'appelle Siddhaikavîra, "Héros accompli".

On trouve aussi des formes telles que Sita Manjushrî, "Manjushrî blanc", en assise de diamant, faisant le geste du don en tenant la tige du lotus à l'épée à droite et levant la main gauche qui tient le lotus bleu au livre ; Manjughosa safran dans la posture de l'aise royale, main droite reposant avec grâce et main gauche tenant l'Utpala ; et Dharmasankahasamâdhi Manjushrî, "Manjushrî en méditation", en posture adamantine, les mains unies en son giron et mûdra de méditation.
Dans les tantras inférieurs, on représente parfois Manjushrî avec son épouse mystique Sarasvatî (TIB. dbyangs can ma), bleue ou blanche, assise ou debout à ses côtés, en tenant une vina (instument à cordes) ou bien portant sur des lotus les attributs de l'épée et du livre.
Dans les tantras supérieurs, on les représente tous deux en union.

2. Manjushrî peut aussi être représenté sous des formes plus complexes
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1) Manjushrî Nâmasangîti est orangé, avec trois visages (noir à droite, blanc à gauche) et quatre bras, dans l'assise du diamant, tenant l'épée, le livre, l'arc et la flèche.
2) Tiksna Manjushrî a un visage et quatre mains présentant les même attributs.
3) Vajrânanga a un visage et six bras. Il est debout, jambes fendues vers la droite, avec arc et flèche fleurie, épée, miroir, lotus bleu et branche fleurie d'Ashoka rouge.
4) Manjuvajra a trois visages et six bras. Il est rouge safran (visage noir à droite, blanc à gauche), tient épée, lotus bleu, arc et flèche et enlace son épouse.
5) Mahâgâra, "Grande Passion", rouge clair, a quatre visages à l'expression passionnée et huit bras. En posture de délassement, il tient arc et flèche, croc et corde, épée et livre, et enfin vajra et clochette. Il est lié à la famille padma d'Amitâbha.
6) Dharmadhâtu Vâgishvara est blanc ou doré, en posture adamantine. Il a aussi quatre visages et huit bras. Une paire de mains fait le geste de l'enseignement, les autres tiennent épée, livre, arc et flèche, vajra et clochette. Il est sur un lotus ou un lion lié à Mahâvairocana.

=> LES EMANATIONS HUMAINES DE MANJUSHRÎ
Au Tibet, on considère qu'un certain nombre des maîtres les plus éminents sont des émanations de Manjushrî. Tel est le cas du roi Trisongdétsen, de Longchen Rabjam et de Mip'am Rinpoché chez les Nyingmapa, de Sakya Pandita et de Jamyang Khyentsé Wangpo chez les Sakyapa, de Jamgön Kongtrül Lodrö Thayé chez les Kagyüpa et de Djé Tsongkhapa chez les Gélougpa.
Iconographiquement, tous ont pour attributs reconnaissables l'épée et le livre, habituellement représentés à hauteur d'épaule, reposant sur des lotus.
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Messagede Namkhaï » Dim 18 Mar 2012 21:05

5) Padmasambhava
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Padmasambhava (SK. Padmakâra, TIB. padma 'byungs gnas, gu ru rin po che)
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Le "né du lotus" ou "Le Prcieux Guru" est l'un des personnages les plus importants du bouddhisme tibétain, même si les preuves historiques de son passage au Tibet à la fin du VIIIè s., trouvées dans quelques documents de Dunhuang, demeurent ténues.
Son impact spirituel fut tellement considérable qu'il fut bientôt considéré par les Tibétains comme le "Second Bouddha" (TIB. sangs rgyas gnyis pa). Ses nombreuses hagiographies, la plupart consignées dans des textes terma, témoignent de son importance spirituelle mais contribuent aussi à créer un climat de légende extraordinaire autour de lui.
Pour ne mentionner que les plus importants des Kathang ou "Dicts", le plus ancien est le bka' thang zangs gling ma, un terma du premier grand tertön, Nyang Rel Nyima Özer (1136-1204), caractérisé par sa relative sobriété (traduit en anglais par Erik Pema Kunzang). La vie de Padma avant son arrivée au Tibet y est décrite brièvement, et c'est son séjour au pays des Neiges qui est narré en détail.
Le Padma Thang-yig, encore appelé Padma bka' thang, texte-trésor en 108 chants révélé par Orgyen Lingpa (XIVè s.), a été traduit en français par Gustave-Charles Toussaint dans les années 1930.
Un second terma révélé par Orgyen Lingpa, le bka' thang sde lnga, est composé de cinq textes :
- "Le Dict des dieux et démons" (TIB. Lha 'dre bka' thang)
- "Le Dict du roi" (TIB. rgyal po bka' thang)
- "Le Dict de la reine" (TIB. btsun mo bka' thang)
- "Le Dict du maître" (TIB. slob dpon bka' thang)
- "Le Dict des ministres" (TIB. blon po bka' thang)
Citons, enfin, la biographie du "Rosaire d'or", gser gyi phreng ba, terma de Sangyé Lingpa, partiellement traduit sous la direction de W.Y.Evans-Wentz en 1954, dans Le Livre tibétain de la grande libération.
Selon l'avis même de commentateurs tibétains, beaucoup de ces Kathang, bien que considérés comme d'authentiques textes terma, ont été adultérés par des interpolations ultérieures et une inflation de récits légendaires. Cependant, le but premier de ces oeuvres épiques n'est pas de fournir une chronologie historique cohérente mais d'inspirer la foi par un récit riche en enseignements et en symboles. Une trame commune à tous ces textes permet toutefois de tracer les épisodes les plus importants de la vie de Guru Rinpoché.

=> LA VIE LEGENDAIRE DE PADMASAMBHAVA
On peut tenter de résumer ainsi son histoire : Padmasambhava naquit d'une syllabe HRI jaillie du coeur d'Amitâbha, qui descendit dans un lotus du lac Dhanakosha en Oddiyâna, huit ou douze après le parinirvâna du bouddha Shâkyamuni.
Adopté par le roi Indrabodhi, il devint prince de l'Oddiyâna sous le nom de Péma Gyalpo et fut marié à la princesse Bhâsadharâ.
Par sa conduite non conventionnelle, il força le roi à le faire exiler et séjourna dans le charnier de Shitavana, transcendant l'idée de la mort et enseignant aux dâkinî.
Puis il apprit différents arts et se fit ordonner moine par Prabhahasti (ou bien Ananda), maîtrisant les enseignements des sûtra et prenant le nom de Shâkya Sengué, "Lion des Shâkya".
Sous le nom de Nyima Özer, "Rayons du soleil", il erra dans différents charniers et se rendit en Akanistha auprès de Samantabhadra, dont il reçut la transmission du Dzogchen semdé.
Au bengale, étant devenu semblable à Manjushrî, il prit le nom de Loden Tchoksé, "L'Intelligent Amoureux du suprême", et reçut de Vajrasattva les tantra du Mahâyoga.
Puis il se rendit auprès de Garab Dordjé, qui lui transmit les dix-sept tantra du Dzogchen men ngak dé.
A Khatchö (TIB. mkha' spyod), la terre pure des dâkini, il fut initié par la dâkini Sûryacandrasiddhî, encore nommée Guhyajnâna ou Lékyi Wangmo (TIB. las kyi dbang mo), qui l'avala sous la forme d'une syllable HUM et lui fit traverser les différents niveaux de son corps avant de le laisser ressortir par son lotus.
Puis il se rendit dans chacun des huit grands charniers, où il reçut de chacun des huit vidyâdhara la transmission des Kagyé, les huit déités "Principes d'accomplissement" (TIB. sGrub pa bKa' brgyad).
A Serling, il rencontra Shrî Simha, dont il reçut les instructions directes sur l'esprit. Il songea alors à convertir le royaume du Zahor (actuel Himachal Pradesh de l'Inde) et, pour cela, prit pour disciple la princesse Mandâravâ, la fille du roi Arshadhara devenue nonne. Calomnié, accusé d'avoir séduit la princesse, on le traîna au bûcher, tandis que la princesse était jetée dans unbe fosse d'épines. Mais il triompha du feu, transformant le brasier en lac, et le roi fut finalement converti ainsi que ses sujets. Ainsi a été créé le lac de Rivalsar (TIB. mtsho padma), près de Mandi, dans l'Himachal Pradesh de l'Inde.
Avec Mandâravâ, il gagna la grotte de Mâratika au Népal et, par la pratique d'Amitâyus, tous deux atteignirent le corps adamantin de vie éternelle.
Pour soumettre l'Oddiyâna, il y retourna en compagnie de Mandâravâ, mais, dénoncé, il dut subir à nouveau l'épreuve du bûcher, cette fois avec sa compagne. Après avoir encore une fois transmué le brasier en lac, il partit pour Bodhgayâ, où l'appelaient les pandit en difficulté, et vainquit les Tîrthika et leur magie, prenant le nom de Sengué Dradrok, "Rugissement du lion".
Puis, au Népal, en compagnie de Shâkyadevî, il entreprit d'accomplir la pratique de Yangdak Heruka (SK. Visuddha). Pour vaincre les obstacles démoniaques, il fit venir les textes du Phrur-ba Vitottama et obtint les accomplissements par la pratique conjointe de Vajrakîla et de Yangdak.
C'est après ces événements que des émissaires du roi Trisongdétsen vinrent le trouver afin de l'inviter au Tibet. Après avoir subjugué divers déités et démons locaux sur son chemin au Népal et au Bhoutan, Guru Rinpoché arriva sans doute au Tibet vers 774, date probable à laquelle débuta la construction de Samyé. Grâce à ses pouvoirs de conjuration, la construction fut menée à son terme en 778 et consacrée par lui. Même si certaines sources historiques indiquent qu'il ne serait resté que quelques mois au Tibet, son impact sur la vie spirituelle donne à penser qu'il y serait demeuré bien plus longtemps, comme d'autres sources l'affirment. D'après les Kathang, il demeura au Tibet bien après la mort de Trisongdétsen (797), sous le règne de Mouné Tsenpo et même celui de Moutik Tsenpo, au début du IXè s.
Pendant son séjour, il accorda la transmission de pouvoir des Kagyé à ses vingt-cinq disciples réunis à Tchimp'ou, parmi lesquels figurait la reine Yéshé Tsogyal, devenue sa compagne spirituelle, et son disciple principal, le roi Trisongdétsen et Pagor Vairocana. On lui prête également l'établissement d'une transmission du Dzogchen men ngak dé, le Padma snying-thig, connu plus tard sous le nom de mKa'-'gro snying-thig parce qu'il en confia la garde aux dâkinî (TIB. mKa'-'gro). Il donna de très nombreux enseignements des tantra supérieurs à ses disciples, les confiant à leur mémoire et en dissimulant les textes dans des caches multiples avec l'aide de Yéshé Tsogyal et d'autres disciples. Ainsi naquit la tradition des terma (TIB. gter-ma) ou "trésors spirituels" à redécouvrir dans le futur, après avoir échappé aux destructions que Padma prévoyait (la persécution de 842).
Pour finir, Guru Rinpoché quitta le Tibet pour la terre des raksasa, où il établit son champ pur, "la Glorieuse Montagne cuivrée" (TIB. Zangs-mdog dpal-ri), promettant d'être présent pour quiconque l'invoquerait chaque dixième jour du mois lunaire.

=> GURU RINPOCHE, PRINCIPE DU MAITRE ET DEITE DE PRATIQUE
Dans l'école Nyingmapa, Guru Rinpoché prend une dimension transcendante, étant avant tout la personnification de tous les maîtres spirituels. Il est le bouddha des trois temps (TIB. dus-gsum sangs-rgyas), le protecteur des êtres, tantôt paisible, tantôt courroucé, se manifestant sous divers aspects, moine ou vajrâcârya. Il forme avec Amitâbha et Avalokiteshvara une triade où Amitâbha est bouddha en dharmakâya, Avalokiteshvara son émanation en sambhogakâya et Padmasambhava sa manifestation en nirmânakâya. On le dit prompt à agir pour le bien des êtres qui l'invoquent, comme l'exprime cette prière :

<< Gloire qui incarne les trois joyaux, les trois racines et tous les sugata.
Protecteur unique des êtres sans protection en cet âge sombre,
Ta compassion est aussi prompte que l'éclair,
Ô Padma au-collier-de-crânes !
Grand Guru, Courroucé Padma Héruka,
Avec l'énergie d'une fervente dévotion,
Je te prie intensément ! >> (trad. Philippe Cornu)

Objet d'un culte important, Guru Rinpoché est le maître par excellence à qui va la dévotion de ses fidèles. C'est pourquoi de nombreux guru-yoga et d'innombrables sâdhana lui sont consacrés. Dans le guru-yoga, le pratiquant visualise son propre maître sous la forme de Guru Rinpoché, habituellement sous l'aspect dit du roi de Zahor. Dans les sâdhana, il assume l'une des nombreuses formes du guru, paisibles ou courroucées, afin de développer les qualités de l'Eveil.

=> L'ICONOGRAPHIE DE PADMAKARA
1. Sous sa forme la plus habituelle
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Guru Rinpoché apparaît dans un corps juvénile, le visage blanc teinté de rose et orné d'une petite moustache qui rappelle celle qui pare les visages des bodhisattva du Gandhâra, les traits compatissants mais avec une expression de courroux, les yeux clairs fixant directement l'espace devant lui d'un regard perçant.
Siégeant sur un lotus avec disque de soleil et de lune, assis en lotus ou en demi-lotus, la jambe droite prête à intervenir (posture du jeu royal), il est paré des habits symbolisant les différents véhicules : sur un sous-vêtement blanc, il porte une robe bleue recouverte des trois robes monastiques sur lesquelles s'ajoute une robe de brocart rouge.
S'il lève la main droite, brandissant un vajra avec le geste de menace, on l'appelle Nangsi Zilnön Sel (TIB. sNang-srid zil-gnon-gsal), "Celui dont l'éclat subjugue les apparences du devenir".
Dans la main gauche, il porte dans son giron une coupe de crâne où repose une aiguillère d'ambroisie, signe qu'il a vaincu la mort.
Dans le creux de son bras gauche, il enserre un khatvânka, symbole de son épouse secrète.
Mais il peut aussi être représenté embrassant Mandâravâ (sa dâkinî de longévité) ou Yéshé Tsogyal (sa dâkinî de sagesse).
Sur la tête, il porte la coiffe de lotus à cinq pétales (symbole de la famille padma qui est la sienne) ; elle est ornée à son sommet d'un croissant de lune et d'un soleil (sagesse et moyens habiles unis) et surmontée d'une plume de vautour (symbole du Dzogchen).

2. "Le Maître qui condense les secrets"
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En tibétain Guru gsangs-'dus, c'est la seconde forme courante de Guru Rinpoché. Il y est représenté sous les traits d'un sambhogakâya à la fois paisible et passionné, bleu profond, paré de tous les ornements (tiare, boucles d'oreilles, bracelets, soieries, etc), tenant embrassée son épouse secrète, Varjavâharî blanche, saisissant un vajra dans la main droite dressée devant lui et une clochette dans la main gauche.

3. "Le Maître féroce" (TIB. Guru drag-po)
----------------------------------------------
C'est sa principale manifestation courroucée. Il est figuré environné d'un brasier, l'expression terrible, trois yeux fixés et grands comme des soucoupes, couronné de cinq crânes et paré d'ossements et de brasselets de serpents. De la main droite il brandit un vajra et, de la gauche, il lâche un scorpion de fer, symbole des négativités vaincues. Il est le plus souvent rouge, parfois bleu.
Il est représenté soit les jambes fendues vers la droite, piétinant les démons et se tenant sur un lotus avec disque de soleil, soit avec le bas du corps en forme de poignard pyramidal (SK. kîla, TIB. phur-ba), la pointe perçant un ou deux démons et plantée dans un boîtier triangulaire bleu sombre. Il porte alors deux ailes de vajra dans le dos.
S'il est représenté jambes fendues piétinant des serpents, avec tête de cheval verte dans la chevelure et lâchant un garuda au lieu du scorpion, il se nomme Hayagaruda le flamboyant (TIB. rTa-khyung 'bar-ba).
Si, le bas du corps en poignard, il présente tête de cheval et de garuda dans la chevelure, scorpion en main gauche et un vajrapâni au coeur, il est Guru drag-po kîlaya (TIB. Guru drag-phur).

4. Les huit noms du guru (TIB. Guru mtshan-brgyad)
--------------------------------------------------------------
Ils correspondent à huit expressions de Guru Rinpoché manifestées au cours de sa vie en différentes situations, fréquemment représentées en iconographie et dans les danses sacrées masquées (TIB. 'cham).

1) "Le roi Lotus" (TIB. Padma rgyal-po) est représenté en posture de l'aise royale, le visage blanc, paisible, jambe droite dépliée, vêtu comme un prince, tenant un dâmaru dans la main droite et un miroir dans la gauche. Il symbolise la pureté primordiale de l'esprit (lotus immaculé) qui se nourrit des passions (la boue où pousse le lotus) sans être souillé.

2) Guru Vajradhara (TIB. O-rgyan rdo-rje 'chang) est tel qu'on a décrit "le Maître qui condense les secrets". Il symbolise la vacuité qio triomphe sur la mort et les passions dualistes.

3) "Le Lion des Shâkya, Skâkya Sengué (TIB. Sha'kya seng-ge), est représenté comme le Bouddha, paisible, le bol à aumônes dans la main gauche mais tenant un vajra dans la droite dans le geste de protection. Il symbolise le renoncement au monde par la discipline monastique.

4) "Rayons de soleil", Nyima Özer (TIB. Nyi-ma 'od-zer), est jaune doré, sous l'apparence d'un ascète farouche, chignon noué avec tiare de crânes, les yeux perçants et portant une jupe en peau de tigre. Il tient un Khatvânga-trident dans la main droite et retient un soleil avec un lasso dans la gauche. Il symbolise l'atemporalité de l'Eveil.

5) Padmasambhava est en fait le nom spécifique d'un des huit aspects où on le figure comme un pandit en habits de moine avec la coiffe, tenant un kapâla dans la main droite et faisant le geste d'argumentation avec la gauche. Il symbolise la maîtrise de la philosophie des enseignements.

6) "L'Intelligent Amoureux du suprême", Loden Tchoksé (TIB. Blo-ldan mchog-sred), vêtu comme un prince avec tiare de joyaux, miroir sur la poitrine, poignard en ceinture, brandissant un dâmaru dans la main droite levée et présentant un kapâla dans la main gauche, est l'aspect identique à Manjushrî, symbole de la prajnâ qui triomphe des doutes et des préjugés.

7) "Le Lion rugissant", Sengué Dradrok (TIB. seng-ge sgra-sgrogs), est un aspect très courroucé, bleu foncé, entouré de flammes de la sagesse, trois yeux énormes et fixes, brandissant un vajra avec un gest de menace à droite, la main en argumentation à gauche. Il symbolise la vérité proclamée qui triomphe des vues fausses et des pratiques magiques.

8) "Diamant à la panse tombante", Dordjé Drolö (TIB. rdo-rje gro-lod), est la manifestation la plus courroucée. Rouge vif, entouré d'un brasier, trois yeux exorbités, chevelure bouclée, il danse sur une tigresse enceinte affamée piétinant un cadavre, brandissant un vajra de la main droite levée en geste de menace et un p'ourba de la main gauche. Il symbolise l'ascèse folle (TIB. brtul-zhugs), en fait la maîtrise qui détruit toute négativité et toute folie de nature ordinaire.
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Namkhaï » Dim 18 Mar 2012 21:15

Voilà donc pour ces 5 statues, véritables présences vivantes de ce qu'elles représentent. Rien qu'à l'écrire, j'en ai les larmes aux yeux.

J'ai ensuite deux Thangkas tout à fait magnifiques : Tara (verte) et Yamantaka sous sa forme de Vajrabhairava.
J'en posterai les photos quand j'aurai recopié les définitions du DEB.

Enfin, j'ai la chance immense d'avoir aussi un Yangbum, un pot magique, lui aussi consacré par de très hautes figures du Vajrâyâna. Il s'agit d'un vase contenant des subtances extrêmement rares, ainsi que des mantras très spéciaux. Le vase, en terre cuite, est peint à la main.
Il dispense prospérité à son possesseur, si tant est qu'on lui donne le respect qu'il mérite.
Ces pots sont extraordinairement rares, même chez les Tibétains.
Là encore j'en posterai des photos et une définition (si j'en trouve).

J'espère que tout ça vous aura déjà plu, même si les posts sont longs.
Ayez la certitude que rien que voir ces statues apporte déjà des mérites inconcevables. Et comme vous êtes des gens magnifiques, je voulais vous donner cela. Ma petite contribution à Montibet! ;)
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Lobsang » Dim 18 Mar 2012 21:55

Merci NamkhaÏ pour ce magnifique cadeau que tu nous fais ! Je suis triste à l'idée que la convoitise incontrôlée pousse quelqu'un à s'approprier des objets sacrés et produire un dommage si important aussi bien à toi qu'à lui-même. Puisse-t-il au moins les respecter pour ce qu'ils sont et les révérer autant que ces statues éveillées appellent de dévotion.
Tes photos sont superbes et les textes passionnants. Ce n'est pas une petite contribution, loin de là. Surtout protège bien ton autel.
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Namkhaï » Dim 18 Mar 2012 22:32

Non, ne sois pas triste, au contraire même! Si cette personne a fait cela, qui d'autre a plus besoin encore que lui de voir sa possessivité apaisée par la présence de telles merveilles? C'est aussi à cela qu'elles servent... :)
Et puis si elles ont choisi d'aller chez un autre, elles l'ont fait je pense en toute connaissance de cause. Je ne ressens ni tristesse ni peine; elles m'ont offert un enseignement précieux sur l'impermanence, et une opportunité en or de pratiquer la compassion.
Je leur en suis reconnaissant. Et à la personne qui les a prises aussi.

Voici une photo de l'autel en question :
chos shom.jpg
chos shom.jpg (660.86 Kio) Vu 14763 fois


Tout au bout, sur la photo, on distingue le Thangka de Yamantaka. Puis, en se rapprochant de l'objectif, trois moines un peu kitshes mais que j'ai trouvé très marrants, les statues, et le fameux Yangs-bum que l'on distingue sous la Katag.
Devant Manjushrî et Padmasambhava, des rLung-ta et un kîla (p'ourba) puis mon mâlâ; et deux textes posés sur un drapeau du Tibet plié. Le gros volume est le Kusang Lama'i shélong, le longchen nyingthig de Dza Patrül Rinpoché.
Par opposition au Thangka de Yamantaka par rapport à l'autel, est le Thangka de Tara, qui est de la même taille.

L'installation est très sommaire car je suis actuellement dans une maison temporaire et je ne pouvais pas vraiment mieux faire que de mettre tout cela sur la plus haute étagère.
Mais j'aurai bientôt mon vrai chez-moi, d'ici un mois, et là je ferai un véritable autel comme il faut ;)
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Lobsang » Lun 19 Mar 2012 00:15

C'est vrai que toute chose a sa raison d'être, et en raison de l'impermanence rien n'arrive sans avoir de sens. Mais tu as une grande force de caractère et beaucoup de compassion.
Sur ton autel provisoire, je vois aussi la lampe, les 7 bols, une conque et un grand bol chantant., un dordjé ... Je te souhaite d'avoir une bonne place pour installer ton autel dans ta nouvelle demeure. :)
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Bhikkhus » Mer 28 Mar 2012 08:15

Je viens de finir de lire ton post , Nam : Superbe contribution d'information.

Je n'ai pas encore ce fameux "Dictionnaire Encyclopédique du Bouddhisme", mais il faut que je passe à la caisse :D . Peut être est il en vente à la lamaserie près de chez moi ? Elle réouvre ces portes dans quelque jours. La pratique de dzogchen d'hiver touche à sa fin.

:mrgreen:
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Bhikkhus » Jeu 29 Mar 2012 21:43

Et j'ai oublié de préciser, :applause: pour nous avoir recopier les pages (il y a beaucoup d'infos bien utiles).
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Namkhaï » Mar 3 Avr 2012 13:49

Merci Bhikkhus!

Il est vrai que c'est un gros travail, de recopier texto tous ces textes. Mais tu sais, c'est un réel plaisir de le faire pour tous les membres de Montibet !
Ca faisait plusieurs jours que j'étais dessus.

Ce livre de Philippe Cornu est absolument merveilleux. Je ne peux que te le conseiller, ardemment.

Il me reste encore à recopier les textes relatifs à mes deux grands Thangka (Jestün Drölma (=Tara Verte), et Vajrâbhairava (=Yamantaka)), avant d'en poster ici les photos.
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Bhikkhus » Mar 3 Avr 2012 18:01

Namkhaï a écrit:Ce livre de Philippe Cornu est absolument merveilleux. Je ne peux que te le conseiller, ardemment.


Merci de ton conseil, il est prévu pour mes futures dépenses. Seulement je viens de m'acheter ce week-end "Le livre tibétain de la vie et de la mort" de Sogyal Rinpoché. J'ai encore à lire les deux tomes "Les grands disciples du Bouddha" de Nyanaponika Thera et je ne suis qu'aux cent premières pages de "La voie du Bouddha" de Kalou Rinpoché. :shock:

En m'organisant le plus simplement, je pense (avec un très bon espoir), pouvoir me plonger dans ces recueils cet été (durant mes vacances à l'étranger). Lecture de ces oeuvres et méditation de leurs lignes seront au programme à 50% de mes journées.

Les livres à lire (bientôt).jpg
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Phurba » Mar 3 Avr 2012 18:15

Heureux qui comme Bhikkhus va faire un beau voyage et pourra consacrer 50% de son temps à la lecture... :roll:

Travaille pour nous ami et fais-nous de supers résumés comme tu sais si bien les faire :D
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Bhikkhus » Lun 9 Avr 2012 16:06

Namkhaï a écrit:Il me reste encore à recopier les textes relatifs à mes deux grands Thangka
Namkhaï a écrit:avant d'en poster ici les photos.


En parlant de thangka et de photos, voici mon thangka de Tchènrézig.

Tchènrézig 1.jpg
Thangka Bhikkhus (Tchènrézig)
Tchènrézig 1.jpg (73.29 Kio) Vu 14682 fois
Tchènrézig 2.jpg
Thangka Bhikkhus (Tchènrézig)
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Namkhaï » Mer 11 Avr 2012 09:34

འཕགས་པ་སྤྱན་རས་གཟིགས་ལ་ཕྱག་འཚལ་ལོ།
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Namkhaï » Mer 11 Avr 2012 09:45

Voici mon Tangkha de Yamântaka sous sa forme de Vajrabhairava (Terreur Adamandine), forme courroucée du mahâbodhisattva Manjshrî.
Je laisse la photo en haute résolution afin de pouvoir apprécier le nombre astronomique de détails, ainsi que la précision hallucinante avec laquelle cette peinture a été réalisée.

??????????????.JPG
??????????????.JPG (5.75 Mio) Vu 14669 fois


Voici ce que dit le Wiki sur Yamântaka :

Yamāntaka (tibétain : གཤིན་རྗེ་གཤེད་, ; sanskrit: यमान्तक yamāntaka) est un Yidam du bouddhisme tantrique ou Vajrayana, populaire dans l'école Gelugpa du Bouddhisme tibétain. Il est un des 8 grands Heruka et un Dharmapala (protecteur du Dharma).
Yamāntaka est l'aspect courroucé de Mañjushrî, le grand Bodhisattva de la sagesse. Il est connu aussi sous l'aspect de Vajrabhairava (Terreur Adamantine).

Son nom est un mot sanskrit qui peut-être coupé en deux éléments : Yama, le nom du Dieu de la mort, et antaka: qui met fin à, terminateur). Ainsi, le nom de Yamāntaka signifie littéralement "terminateur de la mort".

D'après Philippe Cornu, ce nom est expliqué ainsi dans les tantras anciens et leurs commentaires: Mañjushrî est la sagesse non-duelle qui met fin à la fragmentation dualiste des phénomènes liés à l'ignorance. Jaillis de la Base primordiale, les phénomènes sont fondamentalement non-nés, mais sous l'emprise de l'ignorance et de l'attachement au moi, ils s'élèvent en tant que samsâra et nirvâna. « Constitués » par l'illusion en phénomènes composés et impermanents, ils sont alors soumis à la naissance et à la mort [...] Pour mettre fin à la mort, Mañjushrî prend la forme terrible de Yamāntaka, qui révèle la sagesse de la vacuité et récapitule le jeu du multiple dans la non-dualité.
Positionné à l'ouest dans le mandala de la matrice, taizokai du bouddhisme shingon, il assiste le bouddha Amitābha, lequel est traditionnellement relié au monde des morts en Asie.
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Namkhaï » Mer 11 Avr 2012 09:50

(il semble que la photo ci-dessus soit vraiment trop grande; serait-il possible de la redimensionner en 1024x768 ?)

Voici maintenant mon deuxième Tangkha, celui de Tara Verte :

Jetsün Dölma.jpg
Jetsün Dölma.jpg (1.02 Mio) Vu 14668 fois


Et la petite explication du Wiki :

La Tara verte (Dölma Doljan en tibétain, Tārā (sanskrit ; devanāgarī : तारा) est l'une des 21 formes de Tārā, bodhisattva du bouddhisme qui officie pour la bienveillance des êtres. Elle est représentée assise, deux bras, une tête, un cristal entre les deux yeux, la jambe déployée, et ses deux mains tenant des fleurs de lotus. Elle est prête à se lever pour aider autrui. Son emblème est la couleur verte, symbole d'espoir, et le lotus bleu à demi-ouvert.
La Tara verte est particulièrement connue pour sa puissance à surmonter les situations les plus difficiles, donnant la protection et le réconfort contre tous les dangers. Il s'agit d'une déité tibétaine qui intervient toujours pacifiquement. Elle est le bodhisattva féminin de la compassion.
Elle est originelle par sa couleur dans la mesure où les autres sont autant d'émanations car le vert peut représenter toutes les couleurs. Elle protège contre les dangers réels (les huit grands dangers maha abhaya) ou spirituels. Elle est généralement appelée Syama (vert) Tara. Une forme appelée Cittamani Tara (joyau qui exauce tous les vœux) est particulière au courant gelugpa. Khadiravani Tara (Tara de la forêt des tecks), apparue à Nagarjuna, est aussi assimilée à une protectrice de la végétation. Sous le nom de Janguli, elle contrôle les serpents ; il s'agit probablement de l'avatar d’une déesse locale.
Son mantra est "Om Taré Touttaré Touré Soha"
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Bhikkhus » Mer 11 Avr 2012 11:26

Je n'ai qu'un mot : EXTRAORDINAIRE ! Quel support, quel art, quelle précision, quelle beauté ...
FANTASTIQUES thangkas !

:mrgreen:
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Namkhaï » Mer 11 Avr 2012 13:41

Ah je suis bien d'accord !

Ils ont tous deux la même taille (avec le brocard, on doit avoisiner les 1m80 de hauteur), tous deux des "nakthang", c'est-à-dire des thangkhas sur fond noir (les plus magnifiques selon moi).

Leur niveau de détails est tel que je ne me lasse pas d'en observer les moindres petites choses, et j'en découvre de nouvelles sans cesse, bien que cela fasse 12 ans que je les ai : je les ai achetés en Avril 2000.
Tiens j'y pense : aujourd'hui c'est l'anniversaire de mon départ en Inde, le 11 Avril 2000, huh huh :D

Je les ai acquis dans une boutique de McLeod Ganj, "Mementos India", qui est toujours là d'ailleurs. Chose étrange, le tangkha de Yamantaka a échappé des mains du vendeur, quand il l'a déroulé pour me le montrer, et a atterri pile dans mes bras, reroulé. Je ne l'oublierai jamais.

J'ai acquis les deux tangkhas pour 35,000 Rs, brocards et port compris vers la France, soit 5,800 francs à l'époque pour les deux.
Des cacahuètes, quand on sait que de telles oeuvres sont presque inestimables.

La toute première fois que j'ai dormi en-dessous de Yamantaka, c'était en Septembre 2000, lors de mon premier retour en France. Cette nuit-là j'ai fait deux rêves très étranges :

Le premier, j'étais naufragé sur une étendue d'eau, sur un tronc d'arbre, et des requins tentaient de m'attaquer. Mais je parvins à calmer leur fureur et à en faire des alliés, qui m'on remorqué jusqu'à un embarcadère. Là, je monte dans un bateau, et le capitaine veut me tuer avec un couteau. Je me souviens que j'avais réussi à l'enfermer dans sa cabine, et que je lui parlais à travers la porte. Encore une fois, je ne sais pas comment mais je suis parvenu à le calmer pour enfin m'en faire un ami précieux. Il devint ainsi mon guide.
La suite du rêve se passe sous l'eau, en plongée (sans bouteilles ; je respirais naturellement sous l'eau) et j'y croise une sorte de muraine arc-en-ciel, d'une beauté époustouflante, aux couleurs chatoyantes, qui émet des lumières magnifiques. Nous nageons un peu ensemble, et elle me dit que le monde est sur le point de changer radicalement, et qu'il me sera donné de voir pourquoi en rêve.

Ce qui m'amène au second rêve de cette nuit : une gigantesque falaise de roches grises et tristes, vers laquelle se dirigent deux avions. De vieux avions, style bi-plans. L'un est rouge, et l'autre est gris clair. Ils foncent vers la falaise et vont s'y écraser. Tandis que l'avions gris-clair modifie son cap, l'avion rouge fonce tout droit et s'écrase sur la falaise, juste après que son pilote ait sauté dans le vide. Je n'oublierai jamais ce rêve. Nous sommes dans la nuit du 10 au 11 Septembre 2000.
Un an plus tard, jour pour jour, un avion s'écrasait sur le World Trade Center à New-York, tandis que son comparse avait pris la direction du Pentagone....
Je jure sur ma vie que tout ce que je relate ici est absolument véridique.

Quand j'ai raconté ce dernier rêve à mon lama, en Octobre 2000, il m'a donné une formule à réciter quand des rêves étranges, et plus particulièrement des cauchemars, se produisent. Voici cette formule :
བསྭོ་ཨོཾ་ཧེ་དྲག་ཤ་ཏིབ་སྟ་ཀི་ལིང་ཡ་ཙཀྲ་མ་ར་ཡ་ཨ་ཏྲ་ཚེན་ངྷ་ཀྲོ་ཏ་ཏིསྟ་བྷིན་དྷ་སློ་ཏ་ལྷེན་དབལ་ཕུར་ནག་ལོས་དག་བགེག་ཀྱི་སྷིང་ལ་ཁ་ཏིབ་རྦད་ཐིས་ལྟ་ལྷན​།

Je n'en saisis pas la signification; peut-être est-ce de la phonétique pâli. Je n'ai pas eu l'occasion d'en tester l'efficacité car je ne fais jamais de cauchemars. Et en fin de compte, tous les rêves ne sont-ils pas étranges?

Enfin bon voilà, la petite histoire liée à ce Nagthang de Yamantaka... et les rêves ahurissants qu'il m'a insufflé.
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Lobsang » Mer 11 Avr 2012 14:28

Tes thangkas sont merveilleux Namkhaï ! d'une beauté extraordinaire que tu ne dois pas te lasser de contempler.
Le Chènrézig de Bhikkhus est très beau aussi avec de très jolies couleurs.
Voici le mien, plus modeste mais qui me ravit depuis plusieurs années. Il n'a pas de brocard, aussi je l'ai encadré avec une simple baguette de la couleur du tour et un carton derrière pour qu'il reste bien plat. Il comporte des caractères tibétains au dos (béni m'a t-on dit ?) mais je ne les ai pas photographiés avant et il faut que je démonte...Il me semble voir Tchènrézig en bas, mais toute explication complémentaire, et sur le mandala central est la bienvenue.
Merci pour toutes vos contributions précieuses.

Tangka2.jpg
Lors de l'acquisition.
Tangka2.jpg (378.18 Kio) Vu 14658 fois
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Namkhaï » Mer 11 Avr 2012 14:40

Ce tangkha semble être lui aussi fort beau !

Pourrais-tu le photographier sans flash? Car les reflets de ce dernier rendent extrêmement difficiles les identifications (du moins pour moi, qui suis bien moins expert que Bhikkhus).

Sinon, moi je pense que tu devrais le mettre sous verre, si il n'a pas de brocard. Ca aidera à mieux le conserver d'une part, mais surtout ça le mettra bien plus en valeur.

Les trois lettres qui se trouvent au dos sont en général les syllabes Om, Ah, Hung (ཨོཾ་ཨཱཿཧཱུྃ་). Il y a pléthore à dire sur la signification de ces trois syllabes (d'ailleurs je crois que Bhikkhus avait fait un post sur ce sujet justement).
Mais je crois que la signification la plus courante pour ce genre de consécration (thangka, mandala peint, statues) est le corps, la parole et l'esprit du Bouddha...

Si tu peux, essaie de prendre une photo zoomée du mandala central, sans flash mais dans une bonne lumière ambiante. Mais déjà rien que comme ça, il est superbe...
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Lobsang » Jeu 12 Avr 2012 23:04

Merci Namkhaï pour ta réponse. Voilà j'ai repris des photos sous un angle mieux éclairé.

Je ne l'ai pas mis sous verre car dans ma pièce sous combles le seul mur vertical est à angle droit avec une fenêtre et je craignais les reflets, mais c'est l'endroit le mieux éclairé. De toutes façons je préfère dans brocart. Pour les syllabes que tu indiques, je sais que c'est le début du mantra de Padmasambhava et dans mon souvenir cela correspond. Je regarderai pour confirmation.
Je mettrai des photos d'autres objets plus tard. merci d'avance.

DSC03415 (Copier).JPG
Centre du mandala.
DSC03415 (Copier).JPG (222.64 Kio) Vu 14644 fois

DSC03416 (Copier).JPG
Personnage du bas (Chènrézig ?)
DSC03416 (Copier).JPG (217.41 Kio) Vu 14644 fois

DSC03417 (Copier).JPG
Tangka entier
DSC03417 (Copier).JPG (136.76 Kio) Vu 14644 fois
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Namkhaï » Ven 13 Avr 2012 09:13

Ahaaaaa! C'est bien plus clair à présent!!

Au centre, il s'agit de Manjushri, le Mahâbodhisattva de la sagesse. On reconnaît entre autres son épée brandie dans la main droite, épée qui "tranche la racine de l'ignorance". Tu peux voir plus haut dans ce topic, la statue de Manjushri et la définition qu'en donne Philippe Cornu.

En bas il s'agit bien d'Avalokitesvara, comme tu l'avais deviné.

Il y a ensuite beaucoup de "déités" représentées; on ne voit pas moins de 6 représentations du Bouddha, chaque figurant un mûdra différent ! Mûdra du don, de la prédication, de la méditation, de la prise de la Terre à témoin (Eveil)...

Tout en bas ce sont les disciples principaux, écoutant le Dharma et faisant des offrandes.

Les trois représentations plus grandes, coiffées d'un bonnet jaune, doivent représenter les Maîtres principaux de la lignée en question.

Je suis désolé, mon savoir est très limité.
Tout ceci est plus du rayon de Bhikkhus...

Mais en revanche, il semble que tu aies deux tangkhas similaires : la détié centrale n'est pas la même sur ta photo zoomée que sur celle où il y a les reflets du flash.
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Bhikkhus » Ven 13 Avr 2012 10:15

Tes expliquations sont parfaites Nam.

Namkhaï a écrit: la détié centrale n'est pas la même sur ta photo zoomée que sur celle où il y a les reflets du flash.


C'est exactement ce que je me disais. On devine une petite variation du personnage.
L'effet du flash et de la luminosité révèlerait-il un dessin caché à la lumière naturelle ?

Je sais qu'il existe des dessins tibétains (comme superposés) qui ne révèlent leur vrai sens qu'a la lumière d'une bougie (un peu le principe des parchemins de Tintin et le secret de la Licorne).
Si ma mémoire est bonne on peut en voir dans le film "Samsara".

:mrgreen:
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Lobsang » Ven 13 Avr 2012 11:57

Vous avez bien sûr raison. :roll:
Je me suis trompée de photo la première fois. Je ne possède (malheureusement) que le second avec Manjushri, car quand je l'ai acheté, j'avais enregistré les photos que je préférais du vendeur pour les enchères, et c'est le second que j'ai remporté ! Je les trouve tellement beaux que j'ai conservé toutes les photos. Le bas est assez similaire et je ne m'en suis pas aperçue en chargeant la photo ! Je viens de démonter mon cadre, et je vous mets le dos cette fois-ci avec les trois signes qui sont bien ceux que tu disais Namkhaï.
Merci pour vos renseignements à tous les deux, car petit à petit, je comprends mieux. J'aurais dû reconnaître Manjushri, mais son épée est de la même couleur que le fond et je ne l'ai pas vue : cela prouve que je ne regarde pas avec assez d'attention ! :mrgreen:

DSC03422 (Copier).JPG
Avec flash
DSC03422 (Copier).JPG (141.5 Kio) Vu 14639 fois

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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Bhikkhus » Jeu 21 Mar 2013 17:47

Un petit UP pour remercier Namkhaï et signaler que ce post est vraiment passionnant. Je relis avec grand plaisir les définitions très détaillées de Philippe Cornu. (Avec le recul de mes différentes lectures, je comprends d'ailleurs beaucoup plus facilement certain terme spécifique aujourd'hui). Merci encore.
:P
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Namkhaï » Sam 23 Mar 2013 14:16

Bhikkhus a écrit:Un petit UP pour remercier Namkhaï et signaler que ce post est vraiment passionnant. Je relis avec grand plaisir les définitions très détaillées de Philippe Cornu. (Avec le recul de mes différentes lectures, je comprends d'ailleurs beaucoup plus facilement certain terme spécifique aujourd'hui). Merci encore.
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Re: Mes 5 statues, survivantes de ma vie dans l'Himalaya

Messagede Bhikkhus » Ven 19 Avr 2013 16:10

Namkhaï a écrit:[...] mon lama [...] m'a donné une formule à réciter quand des rêves étranges, et plus particulièrement des cauchemars, se produisent. Voici cette formule : བསྭོ་ཨོཾ་ཧེ་དྲག་ཤ་ཏིབ་སྟ་ཀི་ལིང་ཡ་ཙཀྲ་མ་ར་ཡ་ཨ་ཏྲ་ཚེན་ངྷ་ཀྲོ་ཏ་ཏིསྟ་བྷིན་དྷ་སློ་ཏ་ལྷེན་དབལ་ཕུར་ནག་ལོས་དག་བགེག་ཀྱི་སྷིང་ལ་ཁ་ཏིབ་རྦད་ཐིས་ལྟ་ལྷན​།Je n'en saisis pas la signification; peut-être est-ce de la phonétique pâli.

Je repassais sur le topic et je me permets de faire un petit commentaire personnel à propos de cette dzoungs (formule magique).

Je ne dois certainement rien t'apprendre en te disant que les ngags pas, les adeptes des doctrines tenues pour ésotériques (dans les sectes appartenant au Mahayâna), ont attaché un sens particulier à la plupart des lettres de l'alphabet tibétain (composant donc ainsi un langage ésotérique particulier).

Je penche également pour de la phonétique pâli (ou peut être sanskrite). J'ai déja pu observer au travers de mes études, que la plupart des dzoungs que nous rencontrons sont des phrases la plupart du temps empruntées à des oeuvres sanskrites et il est vrai que les traducteurs tibétains, au lieu de traduire ces phrases en en conservant le sens primaire, en ont très souvent reproduites phonétiquement, seulement les syllabes ce qui, étant donné les particularités de l’alphabet tibétain, rendent ces dzoungs déjà souvent obscures, finalement totalement inintelligibles.
C'est la cas pour celle-ci !
Bheuuu...
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