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Demandeurs d'asile tibétains en région parisienne

MessagePosté: Mer 26 Nov 2014 22:12
de Nyima27
Bonjour à tous

Je suis travailleur social dans les Yvelines, et depuis juillet 2013 j'accompagne des demandeurs d'asile tibétains primo-arrivants, d'où l'idée de me mettre à apprendre le tibétain il y a un mois ou deux. J'en profite pour remercier le créateur de ce site, car je m'amuse énormément avec les leçons, et ma curiosité a été bien attisée.

Nous sommes affolés car en ce moment il arrive de nouveaux tibétains chaque semaine, et nous sommes franchement dépassés. Ces hommes et femmes isolés ont tous du fuir le Tibet en urgence, et passer clandestinement les frontières sino-népalaises, avant de venir jusqu'en France avec un faux passeport. Il faut imaginer une femme d'une quarantaine d'année devoir quitter brutalement son mari et ses enfants car elle est recherchée par la police chinoise pour avoir collé dans son village des affiches du Dalaï Lama. Ces personnes ont une trajectoire très touchante.

Je communique essentiellement en anglais avec eux. Je ne connais que la moitié de l'alphabet tibétain seulement, et même si je progresse peu à peu, je n'ai pas le niveau pour le parler. Il est vrai toutefois qu'il m'arrive quelquefois de demander la signification de certains mots ou noms qu'ils emploient.

Près de la moitié des primo arrivants tibétains maîtrise l'anglais, les autres se font accompagner par ceux qui parlent cette langue. Il y a beaucoup de solidarité entre eux, c'est beau à voir.
C'est étonnant, mais la plupart de ceux qui parlent anglais l'ont appris durant les quelques mois qu'ils ont passé au Népal, où ils ont vécu en clandestinité en attente de venir en Europe. Je vous assure qu'ils ont un meilleure niveau que moi et mes 10 années d'apprentissage scolaire de l'anglais !

La première année en France est consacrée à la démarche de demande d'asile, il y a tellement de paperasses à faire qu'ils n'ont pas l'esprit libre pour apprendre le Français, même s'ils essayent. Par ailleurs, les premiers mois, ils doivent assurer leur survie (nourriture, hébergement). Ils se trouvent alors dans une situation très précaire qui est toujours extrêmement difficile pour eux. Heureusement la solidarité intracommunautaire est un véritable baume. Je me dis qu'on a beaucoup à apprendre d'eux.
En ce moment, nous n'arrivons pas à trouver d'hébergement d'urgence à un nombre non négligeable d'entre eux. Ils sont environ 40 hommes et 13 femmes à dormir sous un pont à Conflans-Sainte-Honorine. Là se trouve une association qui peut leur donner deux repas par jour.

Si vous avez des idées sur la manière dont on pourrait les aider au niveau de l'hébergement, en attendant qu'une place en CADA (hébergement pour demandeur d'asile) se libère pour eux, n'hésitez pas à me le dire.
Par ailleurs, ils obtiennent tous le statut de réfugié auprès de l'OFPRA au bout de 6 à 8 mois de démarches. Beaucoup peinent à trouver du travail par la suite. Si vous avez des idées pour les aider sur ce point, n'hésitez pas à me contacter également.
En ce moment, parmi la cinquantaine qui dorment dehors sous ce pont, certains n'ont même pas encore d'adresse postale associative et ne peuvent donc pas commencer les démarches de demande d'asile. Le problème est que l'ensemble des associations, dont la notre, sont saturées, et ces personnes sont véritablement désespérées, devant attendre souvent deux/trois mois avant de trouver une domiciliation.

C'est effectivement très enrichissant de côtoyer les demandeurs d'asile et réfugiés tibétains, mais je me sens trop souvent impuissant, même si j'essaye de faire de mon mieux pour les écouter et les orienter.
Ce sont des personnes admirables, très courageuses, respectueuses, serviables et généreuses. La manière dont la France les accueille, notamment dans les administrations, me fait parfois honte.

Re: Demandeurs d'asile tibétains en région parisienne

MessagePosté: Dim 11 Jan 2015 21:02
de thibergeres
J'ai déja eu écho par la presse des difficultés rencontrées par les migrants en provenance du Tibet et je suis touché par leur dures conditions de vie à leur arrivée sur notre territoire et bien sur par leur dignité et humilité à afronter cette épreuve de déracinement C'est pour cela que je réitère mon offre ( déja proposée à france tibet) pour un poste d'ouvrier maraicher à temps plein 35h/semaine à partir de février mars 2015.Il faut connaitre et aimer le travail des champs,etre motivé pour participer au développement de ma petite structure de production légumière,savoir etre rapide et soigneux dans les taches de plantation et de récolte des légumes destinées à une clientelle de proximité.
Nous pourrons communiquer en anglais dans un premier temps,il ne restera plus qu'à régler les questions administratives afin de valider l'embauche mais aussi matérielles pour l'installation
Ceci s'adresse à un candidat qui souhaite vraiment se projeter professionelement et géographiquement dans un univers rural .
http://www.jardindesthibergeres.com[url][/url]
Voila ce que je peux offrir

Re: Demandeurs d'asile tibétains en région parisienne

MessagePosté: Jeu 19 Fév 2015 10:17
de Nyima27
Bonjour

J'ai bien vu votre proposition d'emploi. Elle peut être intéressante. Je
n'ai pas répondu tout de suite, je m'en excuse, j'ai été débordé ces
dernières semaines. Les tibétains que je connais ne correspondent pas
forcément au profil (en attente du statut de réfugié, ou en
formation de cours de français par l'OFII), mais je peux faire suivre
immédiatement à une collègue qui travaille pour l'insertion de 45 hommes
tibétains réfugiés ayant l'autorisation de travail.

Par ailleurs, y-a-t-il un hébergement/logement accessible à proximité du
lieu de travail ?

Si ce poste est toujours d'actualité (vu ma réponse tardive je comprendrai
que ce ne soit plus le cas), je fais suivre à cette collègue.

Je sais que les tibétains ont à cœur de rester regroupés ensemble, et je ne
sais pas si l'un d'entre eux acceptera de s'isoler en milieu rural, mais la
proposition mérite d'être posée.

Par ailleurs, je rappelle que toute proposition de travail, idéalement en région parisienne, est la bienvenue, pour les hommes et les femmes. Même quelques heures de ménage peuvent être intéressantes. J'essaierai d'être particulièrement réactif la prochaine fois !!

De même, beaucoup de réfugiés tibétains recherchent des cours de français. Depuis quelques temps, j'échange avec une tibétaine une heure de cours de français contre une heure de tibétain. Cela pourrait être très intéressant pour des personnes apprenant le tibétain.

Merci pour tout, et joyeux Losar !!!

Nyima27

Re: Demandeurs d'asile tibétains en région parisienne

MessagePosté: Dim 29 Mar 2015 12:44
de Nyima27
Communiqué du collectif de soutien aux réfugiés tibétains de Conflans

http://www.tibet.fr/nos_campagnes/commu ... -conflans/


*Communiqué du collectif de soutien aux réfugiés tibétains de Conflans *

*- Appel à la solidarité -*

Nous prenons l’initiative de vous contacter pour appeler votre attention
sur *la situation de réfugiés tibétains sur la commune de
Conflans-Sainte-Honorine* (78). Notre ville est en effet depuis plusieurs
années une destination privilégiée par de nombreux tibétains fuyant la
répression du gouvernement chinois. Ils sont donc demandeurs d’asile et
pour certains, réfugiés statutaires. Ils trouvent auprès de l’association
La Pierre Blanche une assistance considérable : repas, dortoir, aide
administrative, cours de langues… Mais l’association, qui vient en aide à
toute personne en situation d’exclusion et donc non pas seulement aux
Tibétains, est désormais débordée, ses capacités maximales d’accueil étant
déjà dépassées (que ce soit sur la péniche Je Sers ou dans les deux maisons
qu’elle gère à Andrésy, commune voisine).

C’est ainsi que depuis plus d’un an, certains Tibétains avaient dû établir
des campements de fortune sur la passerelle piétonne ou sous le pont de la
RN184 qui traverse la Seine. Comble de l’inhumanité, la mairie a publié au
début de l’hiver 2014 un arrêté d’interdiction d’occupation de ces lieux,
sans pour autant proposer de solution alternative. C’est cet événement qui
a provoqué une mobilisation plus active, débouchant sur la formation d’un «
collectif de soutien », comprenant diverses associations locales et
citoyens engagés sur Conflans. La mairie a alors finalement accepté la
proposition qui lui a été faite par ce collectif de donner à une
quarantaine de Tibétains l’accès, de nuit, à une salle municipale (salle
Eugène Le Corre) vide car prévue pour destruction à la fin du mois de mars,
et située justement sous ce même pont. Si cette solution n’est pas idéale
et bien sûr pas pérenne, les Tibétains ont du moins pu avoir un toit, du
chauffage, de l’électricité et l’eau courante durant l’hiver.

Ceci étant, et malgré la tenue de plusieurs réunions entre le collectif et
la Mairie ainsi que l’interpellation de l’Etat, aucune solution
d’hébergement plus pérenne ne semble avoir été trouvée depuis. Or, la
mairie et la préfecture affirment ne pas vouloir prolonger l’ouverture de
la salle à la fin du mois. La position de la mairie s’articule autour du
déni de compétence : il s’agirait là d’une compétence exclusivement
étatique puisque l’accueil des demandeurs d’asile et réfugiés statutaires
relève bien des services de l’Etat. Ceux-ci affirment quant à eux déjà
tenir leurs engagements et faire tout leur possible, d’autant plus qu’ils
ne veulent/peuvent pas cibler une population en particulier (pas de
discrimination positive). Le constat reste selon nous toutefois toujours le
même : les pouvoirs publics ne remplissent pas le rôle qui est le leur
selon la loi. L’accueil et l’hébergement des demandeurs d’asile et réfugiés
statutaires en structures spécifiques (CADA notamment) est bel et bien
prévu par la loi mais n’est pas effectif faute de moyens.

Nous sommes actuellement en négociation avec la mairie et les services de
l’Etat pour faire en sorte qu’à la fin du mois, les Tibétains ne se
retrouvent pas une fois de plus à la rue, situation qui serait totalement
inadmissible, hiver ou pas. Au vu des dernières prises de position, nous
craignons qu’une issue positive reste peu probable de la part des pouvoirs
publics.

L’objet de ce communiqué est donc, au-delà de la sensibilisation à la
situation, *un appel à la solidarité *car le tissu associatif et citoyen de
Conflans n’est hélas pas en mesure de palier entièrement aux déficiences
des pouvoirs publics. Nous souhaitons relayer ce message le plus largement
possible. Toute proposition de contribution, et plus particulièrement en ce
qui concerne l’hébergement, sera donc la bienvenue.

*Contacts:*

La Pierre Blanche : Hugues FRESNEAU ou Marie-Pierre PETIT –
la-pierre-blanche@wanadoo.fr
Le Collectif : Mieszko DUSAUTOY – mieszko.dusautoy@gmail.com
La Ligue des Droits de l’Homme : Gérald CASSON – gerald.casson@gmail.com
Confluence Ecologie Solidarité : Hugues DUSAUTOY – hugues.dusautoy@free.fr
http://www.ldh-france.org/section/confl ... ations.pdf

Re: Demandeurs d'asile tibétains en région parisienne

MessagePosté: Lun 5 Oct 2015 13:48
de Sylvie21
Bonjour Nyima,

J'ai pris connaissance de la situation des Tibétains de Conflans et m'informe via internet et associations au mieux de leur situation.
Serait-il possible de nous contacter autrement que par ce site, j'aimerais avoir votre avis et en discuter pour tenter d'aider ces personnes....

Sylvie